Le mea culpa qui se concrétise
Buffett avait dit avoir raté Google. Il y entre enfin. Au premier trimestre 2026, Berkshire Hathaway a initié une position sur Alphabet ($GOOG), confirmant un changement de cap que le marché attendait depuis des années. L'oracle d'Omaha, longtemps réfractaire aux géants de la tech au motif qu'il n'investissait que dans ce qu'il comprenait, franchit ici une ligne symbolique qu'il avait lui-même tracée.
La décision n'est pas anodine. Berkshire ne spécule pas : chaque entrée en portefeuille reflète une conviction de long terme sur la valeur intrinsèque d'un actif. Choisir Alphabet aujourd'hui, c'est parier sur la solidité de son modèle publicitaire et, probablement, sur son repositionnement dans l'intelligence artificielle.
Sorties nettes et retour aux fondamentaux
Côté cessions, le trimestre est tout aussi éloquent. Amazon ($AMZN) disparaît entièrement du portefeuille, aux côtés d'UnitedHealth ($UNH) et de Domino's Pizza ($DPZ). Trois sorties complètes en un seul trimestre, c'est rare pour Berkshire.
La liquidation d'Amazon interpelle. Entrée relativement tardive sur le dossier, Berkshire n'aura jamais été un actionnaire de conviction sur le titre. La sortie ressemble moins à une prise de profit qu'à une rationalisation du portefeuille tech, désormais concentré sur Alphabet.
Les nouveaux achats sur Delta Airlines ($DAL) et Macy's ($M) racontent une autre histoire. Ces deux valeurs cycliques, ancrées dans la consommation réelle et le transport aérien, rappellent l'ADN historique de Berkshire : des entreprises tangibles, avec des flux de trésorerie lisibles et des positions concurrentielles défendables. Le retour vers ce type d'actifs, simultané à l'entrée sur Google, dessine un portefeuille hybride, entre héritage value et pragmatisme 2026.








