Une offre rejetée avant même d'être étudiée
Le conseil d'administration d'eBay a repoussé sans ambiguïté l'offre de rachat formulée par GameStop, valorisée à 55,5 milliards de dollars. La réponse est sèche : l'offre est jugée "ni crédible, ni attractive". Trois griefs structurent ce refus. D'abord, le mode de financement reste flou. Ensuite, le niveau d'endettement qu'impliquerait une entité fusionnée soulève des risques opérationnels sérieux. Enfin, le conseil estime que l'opération pèserait sur la croissance et la rentabilité d'eBay à long terme.
Le problème de fond est arithmétique. GameStop affiche une capitalisation boursière représentant à peine plus d'un cinquième de celle d'eBay. Pour financer l'opération, la société avance 9,4 milliards de dollars d'actifs mobilisables et une lettre de soutien de TD Securities portant sur 20 milliards. Le compte n'y est pas.
Ce que les marchés prédictifs anticipent
Côté marchés prédictifs, Polymarket est sans appel : la probabilité que GameStop finalise ce rachat est créditée à 13% seulement. Un chiffre qui reflète le scepticisme général sur la capacité réelle de l'enseigne à boucler un financement de cette ampleur.
L'opération aurait constitué l'une des acquisitions les plus audacieuses de l'histoire récente du commerce en ligne. GameStop, dont le modèle économique reste sous pression depuis la transition numérique du jeu vidéo, cherche visiblement à se réinventer par croissance externe. Mais racheter un acteur dix fois plus solide financièrement, sans montage crédible, ressemble davantage à un coup de communication qu'à une stratégie industrielle aboutie. Le retour de bâton est immédiat : eBay n'a pas laissé la porte entrouverte.










