Un nœud politique enfin tranché, mais un calendrier très serré
Depuis des semaines, le Clarity Act butait sur un obstacle inattendu : la situation personnelle du président lui-même. Les déclarations financières publiées le mois dernier ont fait apparaître des centaines de millions de dollars liés à World Liberty Financial, la société familiale de Trump, tandis que ses memecoins alimentaient le débat sur les conflits d'intérêts. Une première réunion le 16 juillet avec deux sénateurs républicains et le conseiller crypto de la Maison-Blanche s'était terminée sans accord.
Lundi soir, une source a indiqué que Trump avait finalement validé une clause limitant la façon dont les responsables publics peuvent s'enrichir avec des actifs numériques en poste. Le texte du Clarity Act n'a pas encore été publié à l'heure du bouclage, mais le déblocage de ce point précis ouvre la voie à un vote. Le Sénat dispose d'une fenêtre étroite : la première semaine d'août, avant la pause estivale, selon Crypto Briefing.
Ce que changerait le Clarity Act pour le secteur
Si le texte passe, ce serait la première régulation crypto de portée fédérale aux États-Unis. Son principe central : confier la compétence principale au régulateur des matières premières, la CFTC, plutôt qu'à la SEC, le gendarme boursier. Ce choix de régulateur n'est pas anodin : il détermine le régime juridique applicable à la majorité des tokens et donc les obligations de conformité pour les plateformes d'échange et les émetteurs.
Le secteur attend ce cadre depuis des années. L'absence de règle fédérale claire a jusqu'ici contraint les acteurs à naviguer entre des positions contradictoires de la SEC et de la CFTC et à subir une régulation de facto par l'action en justice.
Un vote incertain malgré le signal de la Maison-Blanche
La validation de la clause d'éthique par Trump est un signal fort, mais elle ne garantit pas le vote. Polymarket, le marché de prédiction, donne actuellement 43% de probabilité au Clarity Act d'être signé en 2026. Le calendrier est brutal : le texte doit être finalisé, publié, débattu et voté en moins de deux semaines. Chaque jour de retard réduit la marge de manœuvre des sénateurs républicains qui portent le texte.
La clause d'éthique elle-même reste à lire dans sa version définitive. Son périmètre exact, notamment la façon dont elle s'appliquera rétroactivement ou non aux positions déjà détenues par des élus, déterminera si elle recueille les voix nécessaires au Sénat ou si elle rouvre de nouvelles négociations de dernière minute.













