Points clés
- Nicholas Aguilar, 44 ans et Jessica Marcolina, 37 ans, tous deux de Los Angeles, inculpés pour trafic de stupéfiants sur le darknet et blanchiment en cryptomonnaies
- Le duo opérait sous le pseudonyme "HotGirlzClub" sur plusieurs marketplaces du darknet depuis au moins 2020
- Plus de 500 colis de fentanyl et de méthamphétamine expédiés à travers les États-Unis sur sept mois en 2025
- Les recettes, se chiffrant en centaines de milliers de dollars, étaient blanchies via des transactions en cryptomonnaies
- Chacun encourt la perpétuité pour le trafic et jusqu'à vingt ans pour le blanchiment
Un réseau darknet actif depuis 2020
Nicholas Aguilar, 44 ans et Jessica Marcolina, 37 ans, tous deux de Los Angeles, ont été inculpés par la justice fédérale américaine pour avoir opéré un réseau de trafic de stupéfiants à l'échelle nationale. Selon le communiqué du département de la Justice, le duo agissait sous le pseudonyme "HotGirlzClub" sur plusieurs marketplaces du darknet, une activité qui remonterait à au moins 2020. Ce n'est donc pas une opération improvisée : les enquêteurs ont reconstitué plusieurs années d'activité criminelle organisée avant de procéder aux inculpations.
La phase documentée la plus récente couvre une période de sept mois en 2025, durant laquelle Aguilar et Marcolina ont expédié plus de 500 colis contenant du fentanyl et de la méthamphétamine à travers les États-Unis. Le volume de ces envois témoigne d'une logistique rodée, capable d'alimenter des acheteurs dans de nombreux États à partir d'une base californienne. Les marketplaces du darknet sur lesquelles le duo était actif permettent ce type de commerce à distance, les vendeurs et acheteurs ne se rencontrant jamais physiquement, les transactions étant réglées en cryptomonnaies et les livraisons acheminées par voie postale classique.
La perquisition du domicile des deux accusés a par ailleurs mis au jour un atelier clandestin de fabrication d'armes à feu, avec des ghost guns et des silencieux. Cette découverte ajoute une dimension supplémentaire au dossier : au-delà du trafic de stupéfiants, les autorités se trouvent face à une infrastructure criminelle diversifiée, capable de produire des armes non traçables en parallèle de son activité principale.
La crypto au service du blanchiment
Les recettes du trafic, se chiffrant en centaines de milliers de dollars, étaient converties et déplacées via des transactions en cryptomonnaies pour masquer leur origine. Ce schéma, classique dans les affaires de darknet, vise à rompre la traçabilité des flux financiers entre les ventes illicites et les avoirs des suspects. En faisant transiter les fonds par des actifs numériques, les opérateurs de ce type de réseau cherchent à interposer plusieurs couches entre l'argent du crime et leur patrimoine réel, rendant le travail des enquêteurs financiers plus complexe.
L'affaire illustre un usage persistant des actifs numériques comme outil de blanchiment dans les réseaux criminels, un angle que les autorités américaines, comme le FBI et le DOJ, traquent de plus en plus systématiquement via l'analyse on-chain. Les transactions enregistrées sur les blockchains publiques laissent en effet des traces permanentes et les services spécialisés dans le traçage de flux illicites sont désormais capables de reconstituer des chaînes de mouvements qui paraissaient, au moment de leur exécution, suffisamment opaques pour protéger leurs auteurs. Dans le cas d'Aguilar et Marcolina, c'est précisément ce type d'analyse qui a permis aux enquêteurs de relier les recettes du trafic aux deux accusés.
La combinaison d'un pseudonyme partagé sur plusieurs plateformes, d'un volume d'expéditions élevé et d'un blanchiment en cryptomonnaies sur plusieurs années constitue le coeur du dossier fédéral. En cas de condamnation, chacun des deux accusés encourt la perpétuité pour la conspiration de distribution de substances contrôlées et jusqu'à vingt ans d'emprisonnement pour la conspiration de blanchiment d'argent. Ces peines maximales reflètent la gravité que le système judiciaire américain attache aux infractions liées au fentanyl, substance au coeur d'une crise sanitaire nationale, ainsi qu'aux montages financiers destinés à en dissimuler les profits.










