Un basculement historique, chiffres à l'appui
Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft et Oracle devraient dépenser plus de 800 milliards de dollars en infrastructures IA en 2026, puis franchir le seuil de 1 100 milliards en 2027, selon les projections de JPMorgan et Goldman Sachs relayées par Fortune. Rapportées au PIB américain, ces dépenses atteindraient 3,2% en 2027, contre 2,6% pour le budget de défense. Le graphique publié par Morgan Stanley et le Congressional Budget Office est sans ambiguïté : en 2025, la défense dominait encore largement ; dès 2026, l'écart se resserre ; en 2027, la tech prend la tête. C'est une première dans l'histoire économique américaine.
La note du CBO précise que ses estimations de défense ne reflètent pas la demande budgétaire de la Maison-Blanche, ce qui signifie que l'écart réel pourrait être encore plus serré. Côté tech, CNBC chiffre les guides individuels à 200 milliards pour Amazon et 190 milliards pour Microsoft, deux postes à eux seuls capables de peser sur les bilans.
Des dépenses qui creusent l'écart avec les revenus
Le problème n'est pas la taille de l'investissement : c'est son rythme. Les dépenses grimpent plus vite que les revenus qu'elles génèrent. Amazon devrait passer en flux de trésorerie négatif cette année. Les cinq groupes financent déjà une partie de la facture par la dette. Ce déséquilibre entre ce qui sort et ce qui rentre est le vrai signal à surveiller, bien au-delà des annonces de capex record.
Sur Polymarket, la probabilité d'un retournement du secteur IA d'ici fin 2026 est donnée à 15%. Le supercycle continue donc à court terme selon ce marché de prédiction, mais la marge d'erreur se paie cher quand les montants engagés atteignent ces niveaux. Ceux qui dépensent portent le risque financier ; ceux qui encaissent ces milliards sont ailleurs : Nvidia, dont une large part de ces 1 100 milliards atterrit directement dans ses revenus, ou Cameco, l'uranium représentant 75% de l'enveloppe allant à l'infrastructure IA qui réclame une électricité de base massive.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
Selon nos modèles de corrélation historique, un cycle d'investissement massif financé par la dette expose les actifs concernés à un double risque : une remontée des taux ou un resserrement du crédit pèse directement sur les bilans d'Amazon, Microsoft, Meta et Alphabet, dont les flux de trésorerie sont déjà sous pression. Nvidia, en position de fournisseur, capte la demande sans porter le même risque de bilan, ce qui en fait un profil distinct dans ce cycle. Ce mécanisme ne constitue pas un conseil d'achat ou de vente : il rappelle que la corrélation entre dépense tech et performance boursière dépend du coût de financement autant que du volume investi.










