Génie électrique domine, psychologie dans le rouge
Publiée le 21 juillet 2026 par Visual Capitalist à partir des données de l'Education Data Initiative, l'étude classe 37 diplômes américains selon leurs gains supplémentaires sur dix ans par rapport à un lycéen sans diplôme universitaire. Le génie électrique arrive en tête avec 652 644 dollars de revenus additionnels. Le génie chimique suit à 572 595 dollars, les systèmes d'information et statistiques à 567 973 dollars, le génie informatique à 546 000 dollars environ selon l'infographie.
À l'autre extrémité, la psychologie affiche -6 866 dollars : sur dix ans, un diplômé gagne en médiane moins qu'un lycéen, une fois le coût du cursus intégré. Les sciences familiales et de la consommation ferment le classement à -181 dollars. L'éducation, les arts libéraux et l'histoire restent positifs mais marginaux, entre 1 800 et 68 000 dollars de gains cumulés.
Le coût total retenu par l'étude ne se limite pas aux frais de scolarité : il intègre le logement, les charges, les intérêts d'emprunt et les salaires non perçus pendant les études. Un périmètre qui pèse lourd aux États-Unis, où une année universitaire peut représenter plusieurs dizaines de milliers de dollars.
Le ROI contredit le classement salarial
Le résultat le plus contre-intuitif concerne les systèmes d'information. La filière n'est que troisième en gains absolus, mais elle décroche le meilleur retour sur investissement à 135%. Les sciences informatiques atteignent 110% de ROI. Des diplômes d'ingénieur mieux rémunérés en valeur brute affichent des ROI inférieurs, parce que leur coût total est plus élevé.
Cette mécanique illustre un point que le salaire seul masque : ce qui compte, c'est l'écart entre ce que le diplôme rapporte et ce qu'il a coûté, en temps et en argent. Sur 37 filières analysées, seules 15 passent ce test dans les dix premières années de carrière. Les 22 autres ne couvrent pas leur investissement sur cette fenêtre.
Un prisme américain, un débat universel
Ces chiffres sont américains et ne se transposent pas directement en France, où les frais d'inscription dans le public restent quasi symboliques. Le coût d'opportunité, lui, existe partout : trois à cinq ans de salaires non perçus, c'est une réalité indépendante du prix des frais de scolarité. Ce que l'étude met en lumière, c'est que le rendement d'un diplôme dépend autant du marché du travail visé que du prestige de la filière. En France, la question se pose différemment mais elle se pose : un master en lettres ou en psychologie ouvre-t-il des débouchés suffisants pour compenser les années d'études et le coût de la vie étudiante ? Les données américaines donnent un cadre de lecture, même si les ordres de grandeur changent radicalement dès que les frais de scolarité disparaissent de l'équation.








