Aller au contenu principal

ElizaOS (AI16Z) : le fondateur d'Eliza Labs a détenu 25 millions de dollars de tokens avant de les voir tomber à 40 000 dollars

Publié par le 4 min de lecture228 vues0 likes
Partager
Ajoutez-nous à vos favoris

De 2,4 milliards à 2,3 millions de dollars

Au sommet de la vague des agents IA, le token AI16Z d'Eliza Labs atteignait une capitalisation de 2,4 milliards de dollars le 2 janvier 2025. Moins de deux ans plus tard, selon CoinDesk, cette même capitalisation s'établit autour de 2,3 millions de dollars, soit une chute de près de 97%. Le token ELIZAOS s'échange désormais aux alentours de 0,00031 dollar, un niveau qui rend la trajectoire du projet difficile à ignorer.

Pour comprendre l'ampleur de l'effondrement, il faut revenir sur la mécanique de transition entre les deux versions du token. Un ratio de migration 1:6 avait été appliqué lors du passage d'AI16Z vers ELIZAOS. Cette opération, présentée comme une étape technique dans l'évolution du protocole, n'a pas suffi à enrayer la dégringolade. La capitalisation a continué de fondre après la migration, sans que le changement de nom ou de structure tokenomique ne redonne confiance aux marchés.

Dans ce contexte, le fondateur du projet, connu sous le pseudonyme shawmakesmagic, a choisi la transparence sur sa propre situation : il détenait pour 25 millions de dollars de tokens à leur pic et a conservé cette position jusqu'à ce qu'elle ne vaille plus que 40 000 dollars. Cette révélation, faite publiquement face aux critiques de la communauté, donne une mesure concrète de la destruction de valeur subie, y compris par celui qui avait le plus à perdre. Elle ne l'a pas pour autant conduit à reconnaître une quelconque responsabilité envers les détenteurs.

"C'est un memecoin" : la défense qui fait débat

Face aux détenteurs de tokens qui lui reprochent d'avoir laissé le projet s'effondrer sans agir, shawmakesmagic a adopté une ligne de défense tranchée. "C'est un memecoin, ils savaient tous à quoi s'attendre", a-t-il déclaré, refusant d'endosser la moindre responsabilité envers la communauté. Cette formule, lapidaire, a cristallisé la frustration de nombreux porteurs qui estimaient avoir investi dans un projet à vocation technique et non dans un actif purement spéculatif.

Cette posture soulève une tension réelle et elle tient précisément à l'histoire que le projet avait racontée sur lui-même. Le projet avait initialement levé 75 000 dollars sur la base d'un code open source que le fondateur avait écrit seul. Ce récit, celui d'un développeur solo transformant son travail personnel en protocole communautaire ouvert, avait largement contribué à l'engouement autour d'AI16Z. La promesse implicite n'était pas celle d'un memecoin sans lendemain, mais d'une infrastructure pour agents IA portée par une communauté de contributeurs. C'est sur cette base narrative que la capitalisation avait grimpé jusqu'à 2,4 milliards de dollars en l'espace de quelques semaines.

Qualifier rétrospectivement le token de simple memecoin, une fois les pertes consommées, revient à redéfinir les règles du jeu après la partie. Les détenteurs qui avaient acheté sur la foi du récit technique se retrouvent face à une requalification unilatérale de la nature de l'actif, opérée par celui-là même qui avait construit ce récit. L'argument selon lequel "ils savaient tous" suppose une transparence initiale que les faits rendent difficile à établir.

Le cas ElizaOS illustre une mécanique bien rodée dans l'espace des tokens IA : une narrative technique crédible adossée à du code réel, une capitalisation qui s'emballe portée par l'enthousiasme du secteur, puis un fondateur qui invoque la nature spéculative de l'actif pour se dédouaner des attentes qu'il avait lui-même contribué à créer. La levée initiale de 75 000 dollars sur du code open source donnait au projet une légitimité que peu de memecoins peuvent revendiquer. C'est précisément ce vernis de crédibilité technique qui rend la chute et la réponse du fondateur d'autant plus difficiles à accepter pour ceux qui ont absorbé la perte.

À lire ensuite