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Euro numérique : la BCE retient 36 prestataires pour un pilote bêta en 2027, dont un seul acteur français

Euro numérique : la BCE retient 36 prestataires pour un pilote bêta en 2027, dont un seul acteur français

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36 prestataires, 19 banques centrales, un calendrier ferme

La BCE a publié le 14 juillet 2026 la liste des 36 prestataires de paiement retenus pour le pilote de l'euro numérique, sur plus de 50 candidats initiaux. Le test débutera au second semestre 2027 pour une durée de 12 mois, en impliquant 19 banques centrales nationales de la zone euro. Les essais couvriront des paiements en ligne et hors ligne, auprès de particuliers comme d'entreprises. L'objectif affiché reste un accès gratuit à l'euro numérique pour l'ensemble des habitants des 21 pays de la zone euro à partir de 2029.

La sélection mêle banques traditionnelles et fintechs. Côté grands noms, Revolut, Stripe et Adyen figurent parmi les prestataires retenus, aux côtés d'établissements historiques comme Deutsche Bank et Banca Monte dei Paschi di Siena.

La carte européenne révèle un déséquilibre français

L'Italie domine la sélection avec 7 acteurs, dont UniCredit et Poste Italiane en plus de Banca Monte dei Paschi. L'Allemagne suit avec 5 représentants, Deutsche Bank en tête. La France, elle, n'aligne qu'un seul participant : le groupe BPCE.

Ce résultat interpelle. La deuxième économie de la zone euro ne pèse pas davantage dans ce pilote que des marchés bien plus petits. BPCE n'est pas un acteur anodin : le groupe développe également une activité crypto via sa filiale Hexarq, ce qui en fait un candidat cohérent pour expérimenter une monnaie numérique de banque centrale. Mais l'absence des autres grandes banques françaises, BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole, dans cette phase de test pose une question sur le positionnement stratégique du secteur bancaire français face à ce chantier.

Un test qui engage l'architecture du paiement européen

L'euro numérique n'est pas un stablecoin ni un token privé : c'est une monnaie de banque centrale émise directement par la BCE, conçue pour coexister avec les espèces. Le pilote de 2027 doit valider les cas d'usage concrets, notamment les paiements hors ligne, qui représentent le défi technique le plus complexe. La présence de fintechs comme Stripe et Adyen aux côtés de banques de réseau signale que la BCE ne mise pas uniquement sur les acteurs historiques pour distribuer cette monnaie.

Pour la France, l'enjeu est industriel autant que monétaire : si BPCE tire profit de cette phase bêta pour structurer une offre solide, le groupe pourrait peser davantage dans l'architecture de distribution de l'euro numérique lors du déploiement de 2029. Les établissements absents de ce pilote partiront avec un retard d'expérience difficile à combler.

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