La fin d'un dogme à 500 000 euros
Ferrari a présenté la LUCE, sa toute première voiture 100% électrique. Le nom signifie lumière en italien. C'est aussi, symboliquement, la fin d'une ère : depuis la création de la marque à Maranello en 1947, jamais un Ferrari de série n'avait tourné le dos au moteur thermique.
La voiture affiche 1 113 chevaux, un 0 à 100 km/h en 2,5 secondes et un ticket d'entrée à 500 000 euros. Pour la signature du design, Ferrari a fait appel à Jony Ive, l'homme derrière l'iMac, l'iPod et l'iPhone chez Apple. Un choix qui dit beaucoup sur l'ambition de repositionnement de la marque au cheval cabré.
Le marché, lui, a mal digéré l'annonce. $RACE a cédé 6% dans la foulée de la présentation. Réaction épidermique d'investisseurs attachés à l'ADN thermique de la marque, ou signal d'un doute plus profond sur l'exécution électrique ? La question mérite d'être posée.
Des fondamentaux solides malgré la correction
La chute reste à relativiser. $RACE se traite à 32 fois ses bénéfices, une valorisation élevée en absolu mais cohérente pour un acteur du luxe ultra-premium dont la rareté est le principal levier de pricing power. Le titre reste toutefois à 39% sous son plus haut historique, ce qui laisse une marge de récupération significative si l'électrique convainc.
Côté bilan, la trajectoire est nette. Le ratio d'endettement est passé de 2,61x à 1,44x, signe d'un désendettement structurel engagé et tenu. Au premier trimestre 2026, Ferrari publie un chiffre d'affaires de 1 848 millions d'euros, en hausse de 3,2%, avec une marge EBITDA à 39,1%. Des chiffres qui ne ressemblent pas à ceux d'un groupe en difficulté.
En clair : le marché punit la rupture symbolique, pas les comptes. La vraie inconnue reste l'accueil de la clientèle Ferrari, habituée au son et aux sensations d'un V12 atmosphérique, face à une proposition radicalement différente, aussi puissante soit-elle.










