Des chiffres qui écrasent les attentes
Les résultats de Nvidia pour le premier trimestre 2026 ne laissent pas de place au doute. Le groupe californien affiche 81,6 milliards de dollars de revenus, soit une progression de 85% sur un an. Le segment data center, coeur du réacteur, génère à lui seul 75,2 milliards, en hausse de 92%. Pour le deuxième trimestre, la direction vise 91 milliards de dollars, un niveau qui aurait semblé fantaisiste il y a trois ans.
Ce n'est pas tout. Nvidia annonce simultanément un programme de rachat d'actions de 80 milliards de dollars et multiplie son dividende par 25. Le message envoyé aux marchés est limpide : la trésorerie déborde, et la direction entend le faire savoir.
La mécanique sous-jacente reste la même. Microsoft, Meta, Google et Amazon continuent d'engager des dépenses d'investissement colossales en infrastructure GPU. Tant que ce capex ne marque pas le pas, Nvidia encaisse. La demande des hyperscalers agit comme un plancher structurel sous les revenus du groupe.
Quand la diversification devient une illusion
Derrière l'euphorie des résultats, un signal de risque mérite attention. Les dix plus grandes capitalisations américaines représentent désormais 41% du S&P 500. C'est 14 points de plus qu'au pic de la bulle Dot-Com en 2000. Un record absolu.
La mécanique est mécanique, justement : sur chaque dollar investi passivement dans l'indice, 35 centimes atterrissent sur les Magnificent 7, et près de 50 centimes sur des valeurs exposées à l'intelligence artificielle au sens large. Un indice censé offrir une exposition à 500 entreprises fonctionne en réalité comme un pari concentré sur une poignée de méga-capitalisations technologiques.
La question n'est pas de savoir si Nvidia mérite sa valorisation aujourd'hui. C'est de mesurer ce que signifie, pour des millions d'épargnants investis en ETF S&P 500, une correction sectorielle sur l'IA. Quand dix entreprises portent un indice, sa diversification n'est plus qu'un argument marketing. Le retour de bâton, si retour il y a, serait à la hauteur de la concentration.







