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Futurs billets en euros : Maria Callas, Marie Curie et Beethoven parmi les visages proposés par la Banque de France
Illustration : Ibrahim Boran via Unsplash

Futurs billets en euros : Maria Callas, Marie Curie et Beethoven parmi les visages proposés par la Banque de France

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Points clés

Des visages sur les euros, une rupture avec vingt ans de motifs anonymes

Depuis leur mise en circulation en 2002, les billets en euros n'ont jamais affiché un seul visage humain. Ponts, fenêtres et façades architecturales : la série actuelle a délibérément évité tout portrait pour ne favoriser aucune nation. Ce choix n'était pas anodin. Au moment de la création de la monnaie unique, les États membres devaient s'accorder sur une identité visuelle commune et la représentation de personnages historiques aurait immédiatement soulevé des questions de préséance nationale. L'architecture, patrimoine partagé et suffisamment abstrait pour ne revendiquer aucune appartenance particulière, s'est imposée comme la solution de compromis. La prochaine série pourrait rompre avec cette tradition.

La Banque de France a rendu publique une liste de personnalités susceptibles d'illustrer les futures coupures. On y trouve Maria Callas, Marie Curie et Ludwig van Beethoven, mais aussi Cervantès, Léonard de Vinci et Bertha von Suttner. Ces noms ne sont pas choisis au hasard. Des figures dont les trajectoires traversent plusieurs pays européens, ce qui répond à la contrainte politique centrale : éviter qu'un billet soit perçu comme l'apanage d'un seul État membre. Marie Curie, née en Pologne et ayant conduit ses travaux en France, ou Léonard de Vinci, dont l'oeuvre irrigue l'ensemble de la culture européenne, illustrent précisément cette logique de personnalités transnationales. Bertha von Suttner, figure du pacifisme européen, s'inscrit dans la même démarche. La Banque de France, en soumettant ces propositions, cherche manifestement à anticiper les objections que pourrait soulever le choix d'un portrait trop étroitement associé à un seul pays.

Cette démarche marque une évolution notable dans la réflexion sur l'identité visuelle de l'euro. Pendant plus de vingt ans, la monnaie unique a incarné l'unité européenne par l'abstraction : des arches, des ponts, des ouvertures symbolisant la communication entre les peuples, sans jamais désigner un individu précis. Introduire des portraits reviendrait à affirmer que l'Europe peut désormais se reconnaître dans des figures humaines communes, ce qui constitue un changement symbolique d'une tout autre nature.

La BCE reste maître du jeu

La Banque de France ne fait ici que soumettre des propositions. Le choix définitif appartient à la Banque centrale européenne, à l'issue de son propre processus de sélection. Ce processus implique généralement des consultations publiques, des études de perception auprès des citoyens européens et un vote au sein du Conseil des gouverneurs. Chaque étape peut modifier substantiellement la liste initiale et rien ne garantit que les noms avancés par la Banque de France seront retenus in fine.

Le calendrier précis de la nouvelle série n'a pas été communiqué dans les éléments disponibles. Ce qui est certain : si la BCE retient le principe des portraits, ce sera la première fois en plus de vingt ans que l'euro met un visage sur ses billets. La question de savoir quelles personnalités seront finalement sélectionnées reste entièrement ouverte et le processus de consultation pourrait faire émerger d'autres candidatures que celles figurant sur la liste de la Banque de France. Un changement symbolique fort pour une monnaie qui a toujours choisi l'abstraction architecturale pour incarner l'unité européenne et dont la nouvelle série pourrait marquer une étape inédite dans son histoire visuelle.

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