Un pari d'État devenu jackpot en huit mois
En août 2025, le Trésor américain entrait au capital d'Intel à hauteur de 10 %, pour un ticket d'entrée de 8,9 milliards de dollars. Moins de huit mois plus tard, cette participation vaut 56 milliards. La plus-value latente pour le contribuable américain atteint 47 milliards de dollars, sans qu'une seule action ait encore été cédée.
Le catalyseur est net : le Wall Street Journal a rapporté l'existence d'un accord préliminaire entre Apple et Intel portant sur la fabrication d'une partie des puces destinées aux appareils Apple. Le titre a immédiatement bondi de plus de 15 %. Le périmètre exact des produits concernés n'a pas encore été communiqué, mais les discussions entre les deux groupes duraient depuis plus d'un an.
La main de Washington derrière le contrat
Ce partenariat ne doit pas grand-chose au hasard industriel. Depuis l'entrée de l'État fédéral au capital d'Intel, l'administration Trump a exercé une pression visible sur les grandes entreprises technologiques américaines pour qu'elles orientent leurs commandes de semi-conducteurs vers le fondeur californien. Apple, dont la dépendance à TSMC est régulièrement pointée comme un risque géopolitique, représentait une cible évidente.
L'accord, s'il se confirme, constituerait un signal fort pour la stratégie de réindustrialisation semiconducteur portée par Washington. C'est aussi, en creux, la démonstration qu'une prise de participation publique peut fonctionner comme levier de politique industrielle autant que comme investissement financier.
Reste une question ouverte : à quel moment l'État américain choisira-t-il de monétiser cette plus-value ? Une sortie précipitée ferait pression sur le cours ; une sortie trop tardive exposerait le contribuable à un retournement. Le timing de désengagement sera, à coup sûr, aussi scruté que l'entrée au capital l'avait été.













