Musk en tête, loin devant tout le monde
Les chiffres donnent le vertige. Elon Musk a engagé 100 millions de dollars dès 2002 pour s'approprier 42 % du capital de SpaceX. À la valorisation IPO de 1 750 milliards de dollars, sa part atteint environ 735 milliards. La mise initiale aurait été multipliée par plus de 7 000 en un peu plus de vingt ans. Aucun fonds institutionnel ne peut rivaliser avec ce ratio.
Derrière lui, les grands gagnants se comptent parmi les entrées les plus précoces. Alphabet a placé 900 millions de dollars en 2015 : la position vaut aujourd'hui entre 105 et 122 milliards. Fidelity, avec 100 millions investis la même année, ressort avec 35 à 52 milliards. Founders Fund de Peter Thiel, entré dès 2008 pour 20 millions, affiche une estimation entre 26 et 52 milliards. Valor Equity Partners, également présent en 2008 avec plus de 76 millions, atteint environ 22 milliards.
Les institutionnels tardifs s'en tirent aussi très bien
Les arrivants de 2018 et 2019 ne sont pas en reste. Baillie Gifford a investi 273 millions en 2018 pour une part estimée entre 17 et 26 milliards. Bank of America, avec 250 millions la même année, ressort entre 8 et 14 milliards. Le fonds de pension canadien Ontario Teachers a misé 220 millions en 2019 : sa position vaut aujourd'hui environ 11 milliards.
Même a16z, pourtant entré en 2023 avec 750 millions, vise une valorisation de 8,75 milliards. Un multiple d'environ 11x en moins de trois ans sur du capital privé reste exceptionnel, quel que soit le contexte.
Ce tableau illustre une réalité structurelle du capital-risque : les rendements décroissent mécaniquement avec l'ancienneté de l'entrée, mais l'ampleur de la valorisation finale peut rendre chaque tranche profitable. L'IPO SpaceX s'annonce comme l'un des événements de liquidité les plus massifs de l'histoire des marchés privés. La question qui reste ouverte : à quel prix le marché public acceptera-t-il de valoriser la suite ?








