JPMorgan contre le Clarity Act : le fond du désaccord
Jamie Dimon ne mâche pas ses mots. Le PDG de JPMorgan a publiquement déclaré que les banques refuseraient le Clarity Act dans sa version actuelle, le projet de loi américain destiné à encadrer les actifs numériques. Son grief central : le texte autoriserait les plateformes crypto à rémunérer les dépôts en stablecoins sans les contraintes prudentielles imposées aux établissements bancaires traditionnels. En clair, un Coinbase ou un concurrent pourrait proposer des rendements sur dépôts sans supporter les mêmes obligations de fonds propres, de garantie des dépôts ou de conformité réglementaire qu'une banque agréée.
Dimon pointe également l'absence de règles anti-blanchiment robustes dans le texte. Un angle qui résonne en Europe, où MiCA impose justement des obligations strictes côté lutte contre le financement illicite, et que les régulateurs comme Tracfin en France surveillent de près.
Brian Armstrong dans le viseur, le lobby crypto en accusation
L'attaque ne s'arrête pas au texte législatif. Dimon vise directement Brian Armstrong, PDG de Coinbase, qu'il accuse de dépenser des centaines de millions de dollars à Washington pour faire avancer le Clarity Act. Les termes employés, décrits comme particulièrement crus, signalent une tension qui dépasse le simple désaccord réglementaire.
Le chiffre avancé n'est pas anodin. Des dépenses de lobbying à cette échelle placent Coinbase parmi les acteurs les plus offensifs à Capitol Hill, et donnent du crédit à la thèse de Dimon : la loi serait taillée sur mesure pour les plateformes crypto, au détriment des banques.
Le retour de bâton est lisible. Pendant des années, les grandes banques ont freiné l'adoption crypto par leurs réseaux. Aujourd'hui, elles regardent un cadre législatif se construire sans elles, porté par des acteurs qui ont précisément contourné leur modèle. Les banques sont en train de perdre cette bataille réglementaire, et la virulence de Dimon en est la meilleure preuve.













