Un lundi noir pour Séoul
Le KOSPI a ouvert en chute libre ce lundi, perdant 8,4% dès les premières minutes. Le coupe-circuit s'est déclenché automatiquement, suspendant les échanges pendant 20 minutes. Samsung et SK Hynix, qui représentent à eux deux la moitié de l'indice, ont chuté de près de 10% chacun. Un signal fort : quand les deux piliers d'un indice s'effondrent simultanément, c'est l'ensemble de la structure qui vacille.
Deux détonateurs venus des États-Unis
Le choc trouve son origine à Wall Street vendredi soir. Le Nasdaq a perdu 4,2%, sa pire séance depuis avril 2025, sous l'effet d'un double catalyseur négatif.
Premier facteur : les créations d'emplois américaines ont atteint 172 000 en mai, contre 85 000 attendues. Un marché du travail aussi solide ravive immédiatement les craintes d'un maintien, voire d'une hausse, des taux directeurs de la Fed. Les marchés obligataires ont réagi en conséquence.
Deuxième facteur : Broadcom a publié des prévisions décevantes sur les puces IA, entraînant Nvidia dans sa chute à hauteur de 6,2%. Le secteur des semi-conducteurs, déjà sous pression, a servi de chambre d'écho à la mauvaise humeur générale.
L'Iran referme le couvercle
Sur ce contexte déjà dégradé, une escalade militaire est venue aggraver la situation dans la nuit. L'Iran a lancé plusieurs salves de missiles sur Israël. L'armée israélienne a confirmé des frappes en retour sur l'ouest et le centre du pays. Le pétrole américain a immédiatement bondi de plus de 2%, franchissant les 92 dollars le baril.
Curieusement, les marchés de prédiction Polymarket n'ont pas bougé sur ce sujet : la probabilité d'un accord de paix permanent d'ici fin octobre reste inchangée. Les traders de ces plateformes lisent donc cette escalade comme un épisode tactique, non comme une rupture durable. Un pari risqué si les frappes se poursuivent.













