Du blanchiment à la diversification : le grand écart de Fink
Larry Fink ne fait pas dans la demi-mesure. Le PDG de BlackRock, premier gestionnaire d'actifs mondial, reconnaît publiquement avoir qualifié le Bitcoin de "domaine des blanchisseurs d'argent et des voleurs". Un jugement qu'il a depuis enterré, et qu'il assume aujourd'hui comme une erreur d'analyse.
Son explication tient en une phrase : les marchés obligent à réévaluer ses hypothèses en permanence. C'est court, mais c'est honnête. Peu de dirigeants de son calibre consentent à ce type de mea culpa devant leurs pairs.
Un rôle comparable à l'or, mais sans excès
Fink positionne désormais la crypto sur le même registre que l'or : un actif de diversification, une alternative crédible pour les investisseurs qui cherchent à sortir des corrélations traditionnelles. Il juge l'usage "pas mauvais" dans ce cadre précis.
La nuance est importante. Il ne prône pas une allocation massive. La crypto ne devrait pas, selon lui, représenter une part importante d'un portefeuille. C'est un outil parmi d'autres, pas un pari central.
Ce positionnement mesuré contraste avec l'enthousiasme de certains acteurs du secteur, mais il a le mérite de la cohérence : BlackRock a lancé l'IBIT en janvier 2024, premier ETF Bitcoin spot agréé aux États-Unis, et le produit s'est imposé comme une référence sur le marché institutionnel. Fink ne vend pas un rêve, il vend un produit calibré pour une clientèle qui gère le risque avant tout.
Le retournement reste spectaculaire. En quelques années, l'homme qui associait Bitcoin au crime financier pilote aujourd'hui le véhicule d'investissement crypto le plus suivi au monde. Les marchés enseignent, dit-il. Visiblement, la leçon a été bien retenue.









