Un programme élargi qui déçoit le marché
Le Bureau of the Fiscal Service a publié le 9 septembre 2026 l'annonce préliminaire d'une opération de rachat portant sur des titres dont les échéances s'échelonnent du 15 février 2037 au 15 août 2046. Le montant maximum à racheter est fixé à 6 milliards de dollars, avec un règlement prévu le 11 septembre 2026. C'est le triple du montant initial de 2 milliards et la suite logique de l'engagement pris le 19 août à « au moins doubler » le programme, sous l'impulsion de Scott Bessent.
Le problème : le marché tablait sur 7 à 8 milliards. Cet écart suffit à expliquer une partie du mouvement observé sur les taux. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a pris environ 6 points de base pour toucher 4,85%, son plus haut depuis novembre 2023. Le Trésor présente ces rachats comme un soutien à la liquidité du marché secondaire et non comme un outil de pilotage des taux longs. Le marché, lui, a tranché autrement.
Un contexte budgétaire et inflationniste qui pèse structurellement
Derrière ce mouvement de taux, la toile de fond reste lourde. Le déficit fédéral américain est attendu à 2 100 milliards de dollars pour 2026. Le Congressional Budget Office chiffre à environ 1 000 milliards de dollars la charge nette d'intérêts sur la dette. L'inflation s'établissait à 3,4% sur un an en juillet. Le pétrole Brent a grimpé de 72 à près de 120 dollars au plus fort de la guerre en Iran, alimentant les pressions sur les prix.
Dans ce contexte, la Fed devrait relever ses taux en septembre. Une banque centrale qui resserre alors que le Trésor tente de soutenir la liquidité : les deux signaux tirent dans des directions opposées et le marché obligataire tranche en faveur de la prudence.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
- 10Y Treasury Yield▼ Baissier
- $TLTon▼ Baissier
- $IEFon▼ Baissier
- $TIP▼ Baissier
- $USO▼ Baissier
Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Selon nos modèles de corrélation historique, ce qui fait bouger les actifs n'est pas la décision en elle-même, mais l'écart avec ce que le marché anticipait déjà. Le rachat inférieur aux attentes a suffi à pousser les rendements à la hausse, ce qui pèse mécaniquement sur les obligations longues comme le TLTon et l'IEFon, réduit l'attrait relatif des actifs risqués et maintient les obligations indexées sur l'inflation (TIP) exposées à la trajectoire des taux réels. C'est une surprise à la hausse, ou un ton plus restrictif qu'attendu, qui ferait véritablement bouger les prix.












