Points clés
- Le Bloomberg Commodity Index affiche une hausse d'environ 31% depuis le début de l'année 2026
- Le conseiller financier américain moyen ne consacre que 4,6% des actifs de ses clients aux matières premières
- L'investissement minier a reculé de 9% en 2025, les dépenses sur le lithium ont chuté d'environ 40%
- Les matières premières surperforment à la fois le S&P 500 et le Bloomberg US Treasury Index depuis fin 2024
Un rallye que les portefeuilles ont raté
Le Bloomberg Commodity Index affiche une hausse d'environ 31% depuis le début de l'année 2026. C'est le chiffre qui ressort du graphique Bloomberg publié en source : une courbe orange qui s'arrache nettement vers le haut, tandis que le S&P 500 et le Bloomberg US Treasury Index restent en retrait sur la même période. Les données sont normalisées au 31 décembre 2024, ce qui rend la comparaison directe et sans ambiguïté. Les matières premières ont surperformé à la fois les actions et les obligations depuis cette date de référence et la divergence ne fait que s'accentuer à mesure que l'on avance dans le calendrier 2026.
Pourtant, face à cette performance, le positionnement des portefeuilles raconte une tout autre histoire. Le conseiller financier américain moyen ne consacre que 4,6% des actifs de ses clients à ce secteur. L'écart entre ce que le marché des matières premières a produit comme rendement et ce que les allocations reflètent réellement est massif. Ce sous-investissement n'est pas une nouveauté en soi, mais il prend un relief particulier dans le contexte du cycle en cours. La rotation vers les matières premières, que les fondamentaux appelaient depuis plusieurs trimestres, n'a tout simplement pas eu lieu dans les portefeuilles institutionnels et de détail.
Ce décalage est lui-même un catalyseur potentiel. Quand les allocations finissent par rattraper la performance, l'afflux de capitaux qui en résulte tend à amplifier le mouvement déjà engagé. Un secteur qui surperforme avec seulement 4,6% de représentation dans les portefeuilles moyens dispose encore d'une marge de rééquilibrage considérable devant lui.
L'offre se contracte, la demande tient
Côté fondamentaux, la dynamique qui soutient ce rallye est structurelle, pas conjoncturelle. L'investissement minier a reculé de 9% en 2025. Les dépenses consacrées au lithium ont chuté d'environ 40% sur la même période. Ces chiffres ne sont pas anodins : dans le secteur extractif, les cycles entre la décision d'investissement et la mise en production effective s'étalent sur deux à cinq ans. Moins de projets lancés aujourd'hui signifie mécaniquement moins de production disponible dans les années qui viennent.
La demande, de son côté, ne s'effondre pas. L'écart entre une offre qui se resserre et une demande qui résiste finit par se traduire dans les prix. C'est précisément ce que le Bloomberg Commodity Index commence à refléter depuis janvier 2026, avec une progression qui dépasse de loin celle des deux autres grandes classes d'actifs suivies par Bloomberg.
Selon les corrélations de marché, plusieurs actifs se trouvent directement dans la trajectoire de ce rééquilibrage. Albemarle, exposé au lithium, figure parmi les noms corrélés à ce cycle. Le DBA d'Invesco, fonds centré sur l'agriculture, est également cité dans ce contexte. L'or, corrélé indirectement à ce cycle, reste un baromètre à surveiller : le marché de prédiction pose d'ailleurs la question de son niveau d'ici fin décembre, signe que les anticipations autour des matières premières au sens large restent actives.
La configuration actuelle réunit donc trois éléments rarement alignés au même moment : une performance déjà établie et documentée par Bloomberg, un sous-positionnement structurel des portefeuilles qui crée un potentiel de rattrapage et des fondamentaux d'offre qui plaident pour une tension durable sur les prix. Le marché a avancé. Les allocations, elles, sont restées à quai.









