Deux opérations majeures en quelques jours
Mardi 21 juillet, Microsoft annonçait un partenariat stratégique élargi portant sur plusieurs milliards de dollars investis dans les centres de données européens de Mistral AI, pour alimenter ses clients cloud et IA sur le continent. Pas de nouvelle prise de participation côté Microsoft : son président Brad Smith a précisé que le groupe est déjà actionnaire et que cet engagement porte sur l'infrastructure, pas sur le capital.
Deux jours plus tard, c'est Samsung qui entre dans la danse. Selon le Financial Times, le géant coréen de l'électronique négocierait une entrée renforcée au capital de la start-up française, à hauteur d'environ 1 milliard d'euros, sur une valorisation cible de 20 milliards d'euros. Samsung n'est pas un inconnu chez Mistral : son bras d'investissement avait déjà soutenu la société lors d'un tour précédent.
Mistral, point de convergence des capitaux mondiaux de l'IA en Europe
Ce qui frappe, c'est la vitesse. En quelques jours, Mistral AI cumule un engagement infrastructurel massif de la première capitalisation boursière mondiale et une négociation d'entrée au capital avec l'un des plus grands groupes technologiques asiatiques. La start-up fondée en 2023 s'est imposée comme le seul acteur européen capable d'attirer simultanément des capitaux américains, coréens et européens à cette échelle.
Côté infrastructure, Mistral déploie des milliers de puces Nvidia Vera Rubin pour soutenir la montée en charge de ses modèles. Ce choix de matériel de pointe signale une ambition de calcul qui dépasse le stade de la recherche : Mistral construit une capacité d'inférence industrielle, celle qui permet de servir des entreprises et des administrations à grande échelle.
La valorisation de 20 milliards d'euros, si le tour Samsung se concrétise, placerait Mistral dans une catégorie à part en Europe, loin devant la plupart des acteurs du secteur sur le continent. Pour les investisseurs institutionnels et les entreprises qui cherchent une alternative souveraine aux modèles américains, cette concentration de capitaux envoie un signal difficile à ignorer.









