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Nike au plus bas depuis douze ans, décote record et fondamentaux en berne

Nike au plus bas depuis douze ans, décote record et fondamentaux en berne

Publié par le 5 min de lecture
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Le géant américain de l'équipement sportif voit son titre tomber à son plus bas depuis douze ans, après avoir perdu près de la moitié de sa valeur en un an. À ce prix, la question n'est plus la puissance de la marque, intacte, mais de savoir si l'on tient un creux contrarien ou un piège de valeur.

L'impact en un coup d'oeil

DirectionNégatif
IntensitéForte
HorizonStructurel
Ce que ça toucheAvantage concurrentiel, Qualité de la demande

Une marque qui perd du terrain

Le cours de Nike a chuté d'environ 38,9% depuis le 1er janvier et cote à son plus bas niveau depuis douze ans. En cause, une demande qui faiblit aux États-Unis comme en Chine, sur un métier où la chaussure pèse 70% des ventes et continue de se dégrader. Le groupe prévoit de réduire d'environ 10% son parc de magasins américains. Début août, JPMorgan a abaissé sa recommandation à sous-pondérer, prévenant que le redressement engagé par la nouvelle direction pèsera sur les résultats jusqu'en 2028, avec un vent contraire de plus d'un milliard de dollars par an lié à la Chine.

Une décote qui cache un piège

Le canal touché, c'est l'avantage concurrentiel. La marge nette n'est plus que de 6,7%, désormais sous la médiane de son secteur, à 8,5%, alors que Nike la dominait autrefois : le signe d'un pouvoir de fixation des prix entamé par des concurrents plus jeunes. Le chiffre d'affaires recule de 1,3% sur un an, quand la médiane des pairs progresse encore de 13,3%.

Reste l'argument du prix. Le titre se paie au 7e centile de sa valorisation des cinq dernières années, du jamais-vu. Mais ses bénéfices sont eux-mêmes déprimés, et surtout, au cours actuel, le marché intègre déjà un retour à une croissance des flux de trésorerie disponibles de 8,7% par an, cet argent qui reste une fois les investissements payés, alors que la trajectoire récente est négative. Le rebond est donc en partie payé : la décote est réelle, mais elle n'a rien d'une aubaine évidente.

Ce que le marché en fait déjà

À 39,09 dollars le 18 août, l'action a perdu 49% sur un an et cote au plus bas de sa fourchette de cinquante-deux semaines, 19% sous sa moyenne à 200 jours. Le momentum est celui d'un couteau qui tombe. Le consensus des 39 analystes reste pourtant à conserver, avec un objectif moyen de 50,7 dollars, soit près de 30% au-dessus du cours. Cet objectif est celui du marché, pas le nôtre.

Un élément soutient tout de même l'actionnaire patient : la chute du cours a porté le rendement du dividende à 4,0%, un niveau élevé pour Nike, qui rémunère l'attente. Reste que le marché veut des preuves du redressement avant de revenir, et ces preuves ne sont pas encore là.

Le point de bascule

Ce qui tranchera n'est pas le cours, c'est la demande. Tant que le chiffre d'affaires recule et que la marge reste sous celle du secteur, la décote garde sa logique de piège ; un retour de la croissance et de la marge, et le creux devient une occasion. Le prochain rendez-vous tombe le 1er octobre, aux résultats du premier trimestre, premiers à mesurer les effets du plan de redressement. Pour qui envisage d'acheter la baisse, c'est la stabilisation des ventes, pas le niveau du cours, qu'il faut attendre.

Les données, en clair

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