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Samsung : la pénurie de mémoire bat des records, l'action perd un tiers

Samsung : la pénurie de mémoire bat des records, l'action perd un tiers

Publié par le 5 min de lecture
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La mémoire n'a jamais autant manqué, et le géant coréen en reste le premier fournisseur mondial. Son action a pourtant perdu un tiers depuis son sommet, sans qu'aucun chiffre du groupe ne se soit dégradé.

L'impact en un coup d'oeil

DirectionNeutre
IntensitéFaible
HorizonImmédiat
Ce que ça touchePerception, Valorisation

Une séance venue d'ailleurs

Le 19 août, la Bourse de Séoul a déclenché un coupe-circuit dès l'ouverture. Samsung Electronics et SK Hynix, qui pèsent à eux deux l'essentiel de l'indice coréen, ont mené la baisse. Rien dans cette séance ne vient du fabricant : aucune publication, aucun avertissement, aucune décision. La veille, le cabinet TrendForce relevait au contraire un bond de 77% en un trimestre du chiffre d'affaires NAND des cinq premiers fournisseurs mondiaux, le coréen toujours en tête. Le même jour, l'enquête mensuelle de Bank of America auprès des gérants classait le pari haussier sur les semi-conducteurs comme la position la plus encombrée du marché. Le groupe n'a pas commenté la séance, et rien ne l'y obligeait.

Un bénéfice de haut de cycle, et un multiple qui le sait

Ce qui bouge, ce n'est pas une ligne de comptes, c'est le prix que le marché accepte de payer pour ces comptes. Sur un fabricant de mémoire, ce prix obéit à une mécanique contre-intuitive : plus le bénéfice est haut, moins le multiple est généreux, parce que personne ne parie qu'il tiendra. La marge nette de Samsung ressort à 30,84% sur les douze derniers mois, très au-dessus de la médiane de son secteur, à 20,85%, et au plus haut depuis dix ans. Le PER, le nombre d'années de bénéfice que le marché accepte de payer, s'établit lui à 11,84 fois. Le graphique ci-dessous montre pourquoi les deux vont ensemble : le même indicateur culminait en 2023, l'exercice où les profits du groupe s'étaient effondrés. Sur une valeur cyclique, un multiple bas signale un sommet de résultats, pas une bonne affaire. L'ancrage le dit autrement : au cours de clôture du 19 août, le marché intègre une décroissance de 1,40% par an du free cash flow, l'argent qui reste une fois les investissements payés, sur les dix prochaines années. La séance ne modifie pas cette hypothèse, elle modifie la probabilité de l'atteindre.

Ce que le marché en fait déjà

À la clôture du 19 août, l'action valait 247 500 wons. Elle reste sur une hausse de 251,56% en un an tout en évoluant 33,91% sous son plus haut de cinquante-deux semaines : les deux chiffres décrivent le même titre sur la même période, ce qui donne la mesure de son amplitude. Le consensus, lui, n'a pas suivi le cours. Les 37 analystes qui couvrent la valeur visent en moyenne 470 156 wons, et ils ont relevé leurs prévisions de bénéfice de 11,36% sur trois mois. Cet objectif est celui du marché, pas le nôtre. La divergence est l'information du jour : les comptes et les attentes montent pendant que le cours descend. Le titre reste par ailleurs 15,24% sous sa moyenne mobile de cinquante séances, signe que la correction n'a pas encore trouvé son point d'appui.

Le point de bascule

Ce qui tranchera, c'est la durée de la pénurie, pas cette séance. Tant que les prix contractuels de la mémoire tiennent, le bénéfice tient et le multiple reste bas. Le jour où les capacités ajoutées par l'ensemble du secteur rattrapent la demande, le bénéfice se retourne et le PER remonte seul, sans que le cours ait à monter. Le prochain rendez-vous chiffré tombe le 28 octobre, aux résultats trimestriels. Pour qui regarde le dossier après la chute, c'est ce calendrier qu'il faut suivre, pas le cours.

Les données, en clair

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