Le plus grand pari IA de Masayoshi Son hors des États-Unis
Cinq gigawatts. C'est la puissance que SoftBank entend déployer dans les Hauts-de-France pour y construire le plus grand réseau de data centers dédiés à l'intelligence artificielle d'Europe. Pour donner l'échelle : l'équivalent de cinq centrales nucléaires, concentré sur un territoire qui n'avait jusqu'ici rien d'une capitale mondiale du calcul.
Le groupe japonais prévoit un site majeur à Dunkerque, développé en partenariat avec Schneider Electric, spécialiste mondial des infrastructures électriques et de la gestion de l'énergie. L'enveloppe totale atteint 75 milliards d'euros, ce qui en fait l'investissement industriel étranger le plus massif jamais annoncé sur le sol français, et le plus gros engagement de Masayoshi Son en dehors des États-Unis.
Nucléaire français et diplomatie de dîner
L'origine de l'accord est aussi révélatrice que les chiffres. Selon les informations disponibles, tout s'est noué lors d'un dîner entre Emmanuel Macron et Masayoshi Son à Tokyo. Le président français aurait mis en avant un argument simple et décisif : la France dispose d'une électricité nucléaire abondante, pilotable et décarbonée, exactement ce que réclament des data centers gourmands en énergie continue.
C'est un argument que Bercy et l'Élysée répètent depuis plusieurs trimestres pour attirer les grands acteurs de l'IA, face à des pays européens moins bien dotés côté réseau électrique. Le pari semble avoir convaincu là où les discours sur la compétitivité fiscale échouent souvent.
L'annonce arrive une semaine avant le sommet Choose France à Versailles, rendez-vous annuel où la France exhibe ses engagements d'investisseurs étrangers. Le timing n'est pas anodin : SoftBank offre à Macron une vitrine de premier ordre, et la France offre à SoftBank une infrastructure énergétique que peu de pays européens peuvent égaler. Un accord à double bénéfice, dont les premières pelles restent encore à planter.









