Un triplement en quatre ans qui alarme la Banque de France
En 2022, les 18-29 ans représentaient 5% des dossiers de surendettement déposés en France. Au premier trimestre 2026, cette part atteint 15%, selon le rapport annuel de l'Observatoire de l'inclusion bancaire, présidé par le gouverneur de la Banque de France. La progression est continue : 12% en 2025, puis ce bond de trois points en un seul trimestre. En quatre ans, la part de cette tranche d'âge a donc triplé. L'Observatoire en fait explicitement un point de vigilance dans son édition 2026.
Ce mouvement s'inscrit dans une dégradation plus large. Le nombre total de dossiers de surendettement a progressé de 9,8% en 2025 par rapport à 2024. Fin 2025, les banques recensaient 4,8 millions de clients en situation de fragilité financière. La tendance touche l'ensemble des ménages, mais elle frappe les moins de 30 ans avec une intensité particulière.
Les paiements fractionnés, vecteur identifié d'un endettement silencieux
L'Observatoire ne se contente pas de constater : il désigne un mécanisme. Les paiements fractionnés et les mini-crédits représentaient 14,6% du crédit à la consommation hors découverts en 2025. Ces produits, accessibles en quelques clics au moment du paiement en ligne, s'adressent précisément aux profils jeunes et peu bancarisés, souvent sans vérification de solvabilité approfondie.
Le gouverneur de la Banque de France emploie une formule sans ambiguïté : il qualifie ces produits de « drogue douce » et alerte sur leurs effets chez les moins de 30 ans. La métaphore dit l'essentiel. L'accoutumance s'installe progressivement, chaque achat fractionné paraissant anodin pris isolément, jusqu'à ce que l'accumulation des échéances dépasse la capacité de remboursement. Aucun cadre réglementaire spécifique à ces produits n'est mentionné dans le rapport, mais leur poids croissant dans le crédit à la consommation place le dossier sur la table des régulateurs.












