Points clés
- Le volume quotidien moyen sur 44 plateformes centralisées est tombé à environ 15 milliards de dollars la semaine du 3 août 2026, un plancher annuel selon Kaiko.
- Ce niveau représente un recul de 70% par rapport au pic de janvier 2026 et de 50% par rapport à décembre 2025.
- En février, deux séances avaient encore dépassé les 100 milliards de dollars d'échanges en une seule journée.
- Les six plus grandes plateformes captent plus de 60% de l'activité totale, ce qui aggrave la contraction pour les acteurs de taille intermédiaire.
Un effondrement des volumes en sept mois
Depuis janvier 2026, le marché crypto a perdu l'essentiel de son activité d'échange. Selon les données de Kaiko portant sur 44 plateformes d'échange centralisées, le volume quotidien moyen est tombé à environ 15 milliards de dollars la semaine dernière, soit le niveau le plus bas de l'année. Le recul atteint 70% par rapport au pic de janvier et 50% depuis décembre 2025, où la moyenne quotidienne s'établissait encore autour de 20 milliards de dollars.
Le contraste avec le début d'année est saisissant. En février, deux journées avaient encore dépassé les 100 milliards de dollars d'échanges en une seule séance. Le graphique publié par Kaiko et relayé par Bloomberg illustre cette tendance sans ambiguïté : une courbe en descente continue de janvier à juillet 2026, avec des pics de plus en plus rares et de plus en plus faibles. Le titre même du graphique résume la situation : "Crypto Trading Volume Keeps Trending Down", accompagné du sous-titre "Centralized plateformes d'échange face declined activities in a bear market".
Ce que le graphique rend visible, c'est la régularité de la dégradation. Mois après mois, de janvier à juillet 2026, les barres de volume quotidien se sont raccourcies. Les quelques sursauts enregistrés en cours de période n'ont pas inversé la tendance de fond : chaque rebond s'est révélé plus faible que le précédent et les niveaux atteints en fin de période ne sont plus comparables à ceux du début d'année. La barre des 100 milliards de dollars, franchie deux fois en février, appartient désormais à une autre époque du cycle.
Concentration et risque de liquidité
Derrière la baisse des volumes se cache une autre réalité : le marché reste structurellement concentré. Les six plus grandes plateformes d'échange captent à elles seules plus de 60% de l'activité totale, selon les données Kaiko citées par Bloomingbit. Cette concentration signifie que les acteurs de taille intermédiaire subissent une contraction encore plus marquée que les chiffres agrégés ne le laissent paraître. Quand le volume global recule de 70%, les plateformes qui ne figurent pas parmi les six premières encaissent une part disproportionnée de cette baisse, puisque les participants restants tendent à se regrouper là où la liquidité est encore la plus dense.
Les conséquences pratiques sont directes. Un marché peu liquide amplifie les mouvements de prix : un ordre de vente significatif trouve moins de contreparties, ce qui accentue les baisses. Les sorties de positions deviennent plus coûteuses, en particulier pour les investisseurs institutionnels ou les fonds qui ne peuvent pas fractionner leurs ordres indéfiniment. C'est le mécanisme classique d'un marché baissier qui se referme sur lui-même : moins de volume attire moins de participants, ce qui réduit encore la liquidité disponible.
Cette dynamique auto-renforçante est précisément ce que les données de Kaiko documentent sur sept mois consécutifs. La lecture de marché qui en découle est baissière : tant que les volumes ne retrouvent pas un niveau suffisant pour absorber des ordres de taille sans déformer les prix, la volatilité à la baisse reste le scénario structurellement favorisé. Le passage de 100 milliards de dollars par séance en février à 15 milliards en moyenne fin juillet 2026 matérialise une contraction de la profondeur du marché dont les effets se font sentir bien au-delà des seuls tableaux de bord des traders actifs.











