266 dollars. Puis 50. En quelques heures. Le 10 avril 2013, Bitcoin vit son premier grand effondrement spectaculaire.
Quand Mt. Gox craque sous la pression
Depuis janvier 2013, Bitcoin grimpe sans s'arrêter. Moins de 10 dollars en début d'année, il franchit les 260 dollars début avril, porté par une vague médiatique et des milliers de nouveaux acheteurs qui découvrent l'actif. L'euphorie est totale. Puis Mt. Gox, l'exchange japonais qui concentre à lui seul 70 % du volume mondial, commence à flancher. Les serveurs saturent. Les retraits s'accumulent en file d'attente. Les transactions n'arrivent plus. Les utilisateurs voient leur argent bloqué et ne comprennent pas ce qui se passe.
La panique s'installe. Plus de 100 000 BTC partent en vente en quelques heures. Le prix dévisse : 200 dollars, 150, 100, 50. Une chute de plus de 80 % en une seule journée. La capitalisation de Bitcoin perd environ 200 millions de dollars dans la foulée. Mark Karpelès, le CEO de Mt. Gox, lâche un communiqué lapidaire : « L'exchange rencontre quelques problèmes en ce moment, mais tout est sous contrôle. » Spoiler : non.
Le premier vrai test de résilience
Sur Bitcointalk, les forums s'enflamment. Certains annoncent la mort de Bitcoin. D'autres achètent frénétiquement à 50 dollars, convaincus que c'est une opportunité. Le lendemain, le prix remonte. Pas jusqu'à 266, mais il remonte. À J+7, il s'établit autour de 93 dollars. À J+30, vers 117 dollars. Puis Bitcoin repart à la hausse et termine l'année 2013 au-dessus de 1 000 dollars.
Ce crash expose quelque chose de fondamental : concentrer 70 % du marché mondial sur un seul exchange, c'est construire sur du sable. Une panne technique suffit à déclencher une cascade de ventes paniques. Mt. Gox survivra encore quelques mois avant de s'effondrer définitivement en février 2014, emportant 850 000 BTC avec lui.
Aujourd'hui, à 80 186 dollars le bitcoin, ces 50 dollars du 10 avril 2013 ressemblent à une blague. Mais à l'époque, pour beaucoup, c'était la fin du rêve. 🪂