Le 22 juillet 2014, Vitalik Buterin poste trois mots sur Twitter : « Ethereum presale is now live! » Derrière ce tweet discret se cache quelque chose que personne ne mesure encore vraiment.
18 millions de dollars pour un rêve de code
L'idée est simple à expliquer, folle à réaliser : construire une blockchain programmable, où n'importe qui peut déployer des contrats automatiques sans intermédiaire. Bitcoin fait une chose, envoyer de la valeur. Ethereum veut tout faire. Vitalik a 20 ans. Son équipe tient dans une maison à Zoug, en Suisse.
La vente dure 42 jours, du 22 juillet au 2 septembre 2014. Le prix de lancement : 2 000 ETH pour 1 BTC, soit 0,0005 BTC l'unité. À ce moment, 1 BTC vaut environ 622 $. Un ETH revient donc à moins d'un tiers de centime de dollar. L'objectif minimum est fixé à 5 000 BTC pour que le projet démarre. Il est pulvérisé.
À la clôture, 31 591 BTC ont été récoltés, soit environ 18,3 millions de dollars. 60 millions d'ETH partent dans les mains des premiers acheteurs, représentant 12 % de l'offre initiale totale. Pour l'époque, c'est une des plus grosses levées de fonds de l'histoire crypto.
L'addition dix ans plus tard
En novembre 2021, l'ETH touche 4 800 $. Les 60 millions d'ETH vendus à 0,31 $ pièce représentent alors près de 290 milliards de dollars de valeur distribuée. Même à des prix plus modestes aujourd'hui, le ratio reste vertigineux.
Cette crowdsale pose aussi un précédent : elle prouve qu'on peut financer un protocole open source directement auprès de sa communauté, sans banque, sans VC, sans intermédiaire. Les ICO de 2017 copieront le modèle, souvent en bien moins sérieux. 🧱
Et le BTC encaissé lors de la vente ? Il valait 18,3 millions en septembre 2014. Aux 80 186 $ actuels, ces 31 591 BTC représentent plus de 2,5 milliards de dollars. La Fondation Ethereum a vendu une partie en chemin pour financer le développement, mais le symbole reste entier : une poignée de développeurs a parié sur une idée, et le marché a suivi.