Le 11 décembre 2014, Microsoft annonce que ses clients américains peuvent payer en Bitcoin sur Xbox et Windows Store. Jeux, applications, films HD, séries : tout le catalogue numérique devient accessible avec du BTC. Le géant de Redmond traite les paiements via BitPay, sans jamais toucher la crypto directement.
Le signal que la crypto attendait
En décembre 2014, Bitcoin sort d'une année difficile. Mt. Gox s'est effondré en février, emportant 850 000 BTC avec lui. Le cours tourne autour de 348 USD, loin du pic de 1 200 USD de fin 2013. La communauté cherche des preuves que le protocole peut servir à quelque chose de concret.
Microsoft arrive au bon moment. Avec 1,2 milliard d'utilisateurs Windows dans le monde et une Xbox dans des millions de salons, l'annonce fait l'effet d'une gifle symbolique aux sceptiques. Dell avait accepté le BTC quelques mois plus tôt, Newegg aussi, mais Microsoft est d'un autre calibre. Pour la première fois, une multinationale du top mondial intègre Bitcoin dans son tunnel de paiement officiel.
BitPay publie l'annonce sur Twitter le jour même, récoltant plus de 1 200 likes et 567 retweets, chiffres significatifs pour l'époque. Le cours réagit mollement : +1,6 % le lendemain, puis glisse à 310 USD une semaine plus tard. Le marché reste sous pression, mais la légitimité symbolique, elle, est réelle.
Un partenariat en dents de scie
L'histoire ne s'arrête pas là. En janvier 2018, Microsoft suspend silencieusement les paiements BTC, invoquant la volatilité et des contraintes réglementaires. La communauté grince des dents. Puis en 2020, le service revient sous une forme élargie. Suspensions, réactivations : Microsoft traite Bitcoin comme un bouton qu'on allume et éteint selon les vents.
Aujourd'hui, avec le BTC à 80 186 USD, l'anecdote prend une autre couleur. En décembre 2014, acheter un jeu Xbox à 60 USD coûtait environ 0,17 BTC. Ces mêmes 0,17 BTC valent aujourd'hui près de 13 600 USD. Personne ne payait ses jeux en pensant à ça, bien sûr. Mais l'adoption par Microsoft a prouvé qu'un actif perçu comme spéculatif pouvait s'intégrer dans un vrai produit grand public, et ça, aucune suspension n'a pu l'effacer.