Le 4 mai 2017, un développeur nommé Nick Johnson pousse un contrat sur le mainnet Ethereum. Personne ne le remarque vraiment. Pourtant, ce jour-là, taper une adresse crypto ne sera plus jamais pareil.
0x... ou vitalik.eth ?
Avant ENS, envoyer des ETH ressemble à dicter un IBAN à voix haute : 42 caractères hexadécimaux, une erreur et l'argent disparaît. Nick Johnson, développeur chez la Fondation Ethereum, a une idée simple : faire pour les adresses crypto ce que le DNS a fait pour les IP. Il code le protocole sous EIP-137 et lance l'Ethereum Name Service le 4 mai 2017.
Dans les heures qui suivent, Vitalik Buterin enregistre vitalik.eth. Le signal est clair. Les domaines .eth deviennent l'identité lisible d'Ethereum, compatibles avec MetaMask et la plupart des wallets dès les premiers mois. En plein boom des ICO, alors que l'ETH passe de 10 $ à plus de 300 $ en quelques mois, ENS arrive pile au bon moment : des milliers de nouveaux utilisateurs ont besoin d'interfaces humaines, pas de strings cryptographiques.
L'airdrop qui valide tout
Pendant quatre ans, ENS tourne sans token. Puis en novembre 2021, la DAO ENS distribue le $ENS via airdrop à tous les détenteurs de domaines .eth et aux contributeurs. L'airdrop est valorisé à plus d'un milliard de dollars au moment du lancement. Les holders votent désormais sur les upgrades du protocole, ENS devient une vraie organisation décentralisée.
En 2023, le compteur dépasse 2 millions de domaines .eth enregistrés. Ce qui ressemblait à un outil de niche est devenu l'infrastructure d'identité de tout l'écosystème Web3 : DeFi, NFT, profils on-chain.
Au moment du lancement, le BTC s'échangeait à 1 516 $. Il en vaut aujourd'hui 80 186 $. ENS, lui, a suivi une trajectoire similaire : d'un contrat discret déployé un jeudi à un protocole qui gère l'identité de millions d'utilisateurs. Nick Johnson n'a pas inventé un nom de domaine. Il a inventé le passeport du Web3. 🪪