Un an après son ATH historique, Bitcoin touche le fond. Le 15 décembre 2018, le cours s'effondre à 3 122 $. -84 % en douze mois. La presse sort les nécrologies pour la 300ème fois.
L'hiver le plus long
Début 2018, l'euphorie de décembre 2017 s'évapore vite. Les régulateurs chinois ont déjà interdit les exchanges. La SEC multiplie les avertissements. Le hack de Coincheck en janvier a soufflé 530 millions de dollars dans les airs. Et la bulle spéculative portée par les ICO commence à se dégonfler sérieusement.
Le 15 décembre, le marché capitule. Bitcoin perd 84 % depuis son sommet à 19 783 $. Sa capitalisation tombe à 133 milliards de dollars. Le marché crypto total, lui, s'écrase à 140 milliards, contre 800 milliards au pic. Ethereum suit à 83 $, soit -83 % depuis son ATH. Le volume de trading atteint 4,5 milliards de dollars sur la journée, signe d'une panique organisée. Les vendeurs liquident, les acheteurs sont aux abonnés absents.
Mike Novogratz, patron de Galaxy Digital, lâche sur Bloomberg TV : « This is the bottom, but it feels like the end. » Il n'a pas tort sur le ressenti. Les forums sont moroses, les influenceurs ont disparu, les projets ferment les uns après les autres.
Le fond comme point de départ
Pourtant, le 15 décembre 2018 marque quelque chose d'autre : la fin de la purge. Les projets qui survivent à cet hiver sont ceux qui ont un vrai produit, une vraie équipe. Le marché a éliminé les arnaques et les coquilles vides à une vitesse brutale.
Un an plus tard, le 15 décembre 2019, Bitcoin cote autour de 7 132 $, soit +120 % depuis le creux. En 2021, il dépasse 60 000 $. Aujourd'hui à 80 186 $, ce bottom à 3 122 $ ressemble à une ligne de départ plutôt qu'à une pierre tombale.
Ceux qui ont acheté ce jour-là et tenu ont multiplié leur mise par 25. Ceux qui ont vendu ont offert leurs sats à quelqu'un de plus patient.