Le 26 septembre 2018, Circle et Coinbase lâchent un token qui va silencieusement remodeler la finance crypto : l'USD Coin, alias USDC.
On est en plein bear market. Bitcoin tourne autour de 6 400 $, les ICO s'effondrent, et Tether règne en maître sur les stablecoins malgré des soupçons d'opacité qui traînent depuis des mois. C'est exactement dans cette brèche que Circle s'engouffre.
Deux géants, un consortium, un token
Circle et Coinbase ne se contentent pas de lancer un token. Ils créent le consortium CENTRE, un cadre ouvert qui définit les standards d'émission. L'idée : n'importe qui peut implémenter USDC, pas besoin de demander la permission. Jeremy Allaire, CEO de Circle, le dit clairement à Forbes le jour du lancement : « Because it's built on an open standard, anyone can implement it. »
Derrière, il y a du cash sérieux. Circle a levé 110 millions de dollars en mai 2018, avec Goldman Sachs dans le tour. CENTRE lui-même a levé 20 millions pour son cadre d'adhésion. Le token est un ERC-20 sur Ethereum, garanti 1:1 par des dollars en réserve bancaire, avec des audits mensuels annoncés dès le départ. Disponible immédiatement sur Poloniex et Circle Trade, avec plus de 20 partenaires qui annoncent leur support le jour J.
La transparence comme arme
Face à Tether, le positionnement est limpide : USDC joue la carte de la conformité réglementaire et de la transparence totale. Pas de mystère sur les réserves, pas de questions sans réponse. Pour les institutions qui veulent toucher à la DeFi sans se brûler les doigts, c'est exactement ce qu'elles cherchaient.
Au lancement, le marché ne réagit pas vraiment. BTC gagne à peine 0,4 % ce jour-là. Personne ne mesure encore ce que ce petit token ERC-20 va devenir.
Aujourd'hui, USDC est l'un des stablecoins les plus utilisés dans la DeFi institutionnelle, avec des dizaines de milliards en circulation. Bitcoin vaut 80 186 $, soit douze fois son prix de ce 26 septembre 2018. USDC, lui, vaut toujours exactement 1 dollar, et c'est précisément pour ça qu'il est partout. 🏦