0,08 ETH. C'est tout ce qu'il faut débourser le 23 avril 2021 pour rejoindre le club le plus fermé du web3.
Le jour où les singes ennuyés ont pris le pouvoir
Yuga Labs, fondé par Wylie Aronow et Greg Solano, met en ligne 10 000 avatars de singes générés algorithmiquement sur Ethereum. Prix d'entrée : 0,08 ETH, soit environ 190 USD à l'époque. Le concept est simple et un peu absurde : chaque singe a des traits uniques, chapeau, vêtements, expression, et son acheteur obtient les droits sur l'image. Pas juste un JPEG. Une carte de membre.
Les premiers jours, ça reste discret. Puis la machine s'emballe. Les traits rares s'arrachent. Les wallets se vident. En quelques semaines, le floor price décolle. En avril 2022, il atteint 152 ETH par singe, soit plus de 400 000 USD au cours du moment. Pour un actif minté à 190 dollars.
Le club des célébrités numériques
Ce qui propulse BAYC dans la culture pop, c'est la liste de ses membres. Eminem, Snoop Dogg, Madonna achètent leurs Apes et les posent en photo de profil sur Twitter. Snoop et Eminem vont même jusqu'à sortir un clip animé avec leurs singes en personnages principaux. Le NFT devient un signal social : avoir un Ape, c'est dire au monde qu'on était là avant tout le monde.
Les partenariats suivent. Adidas, Rolling Stone, des extensions comme le Mutant Ape Yacht Club. Le volume de trading cumulé de la collection dépasse 2 milliards USD avant fin 2023. Yuga Labs lève des fonds, rachète CryptoPunks, et construit un empire.
Aujourd'hui, le marché NFT a largement refroidi. Le floor price d'un Bored Ape tourne autour de quelques ETH, loin des sommets de 2022. Mais BAYC reste la référence qui a défini ce qu'un NFT PFP pouvait être : pas un simple fichier, un passeport pour une communauté. Avec le bitcoin à 80 186 USD en 2025, les actifs numériques ont survécu au crash. Les singes ennuyés, eux, ont surtout survécu à leur propre hype.