Le 16 avril 2022, 10 000 petits hiboux pixelisés disparaissent en moins d'une heure. Derrière le projet : Kevin Rose, fondateur de Digg, qui transforme sa réputation en liquidités devant les yeux ébahis du Web3.
75 millions en une heure
Le mint est simple : 2,5 ETH par Moonbird, 10 000 NFTs disponibles, accès réservé aux membres du Proof Collective. Le 16 avril 2022 à l'ouverture, les transactions s'enchaînent à une vitesse qui fait planter les gas fees. En moins d'une heure, c'est sold out. Environ 25 000 ETH levés, soit plus de 75 millions de dollars au cours du jour. Kevin Rose poste sur X : « Moonbirds are live! This is the beginning of something special. » Le forum NFT Twitter s'emballe. Beeple félicite l'équipe. Punk6529 parle de « peak NFT summer ».
Dans les jours qui suivent, le floor price grimpe à plus de 30 ETH. Des flippers récupèrent des dizaines d'ETH de profit en quelques heures. L'euphorie est totale, les volumes NFT sur Ethereum dépassent 2 milliards de dollars par jour sur le marché global. Moonbirds devient le symbole d'une époque où un JPEG d'oiseau vaut une berline allemande.
La chute des hiboux
Mais le timing est cruel. Le bitcoin cède 1,7 % dès le lendemain du mint, puis 26 % sur le mois suivant. Le bear market s'installe. FTX s'effondre en novembre. La confiance part avec les liquidités. Fin 2022, le floor Moonbirds tombe sous 1 ETH. Les mêmes hiboux qui s'échangeaient à 30 ETH quelques mois plus tôt ne trouvent plus preneurs.
Kevin Rose avait promis « communauté et utilité à long terme ». La réalité du marché a répondu autrement. Moonbirds reste pourtant dans les mémoires comme le drop qui a cristallisé le sommet d'un cycle, le moment exact où l'euphorie NFT a atteint son point de fusion avant de fondre. Un instantané parfait d'un marché qui croyait que la fête ne s'arrêterait jamais.