La division électronique, angle mort du marché
Air Liquide n'est pas le premier nom qui vient à l'esprit quand on parle d'intelligence artificielle. C'est précisément ce que Morgan Stanley a décidé de corriger. Lundi 20 juillet 2026, la banque a relevé le titre de Equal Weight à Overweight, portant son objectif de cours à 206 euros contre une clôture à 152,73 euros le vendredi précédent, soit un potentiel affiché de 17%, selon abcbourse.com.
Le raisonnement repose sur une activité que peu d'investisseurs suivent de près : la vente de gaz ultra-purs aux fabricants de semi-conducteurs. Ces gaz sont indispensables aux processus de gravure et de dépôt utilisés pour produire les puces qui équipent les centres de données et alimentent la demande en IA. La division électronique ne représente qu'environ 10% des revenus consolidés du groupe, mais elle tourne à plein régime.
Fin mars, le carnet de commandes de cette division atteignait 5,5 milliards d'euros, avec 75 projets en cours dont 40% localisés en Asie. Morgan Stanley table sur une croissance de 9% par an des revenus de cette division sur la période 2026-2028, au-dessus du consensus de marché établi à 7%.
Un titre déjà bien valorisé, mais des analystes qui s'alignent
Morgan Stanley n'est pas seule à s'enthousiasmer. Bank of America avait déjà relevé Air Liquide à l'achat en juin 2026. Deux grandes banques qui convergent sur le même titre en l'espace de quelques semaines, c'est un signal que le marché commence à lire différemment la thèse de valeur du groupe.
Le bémol est réel : Air Liquide affiche déjà plus de 21% de hausse depuis le début de l'année. Une partie des perspectives liées à l'essor des semi-conducteurs et de l'IA est donc déjà intégrée dans le cours. L'objectif à 206 euros de Morgan Stanley suppose que le marché sous-estime encore la trajectoire de la division électronique, notamment la cadence de livraison des 75 projets en carnet et la concentration géographique en Asie, région où la construction de capacités de fabrication de puces s'accélère.
Pour les investisseurs qui suivent l'exposition IA via les marchés actions européens, Air Liquide représente un vecteur indirect mais concret : pas de modèle de langage, pas de plateforme cloud, mais une infrastructure chimique sans laquelle aucune puce ne sort des usines.












