Apple reprend une couronne perdue depuis avril 2025
Vendredi 17 juillet 2026, Apple a clôturé à 4 900 milliards de dollars de capitalisation boursière, repassant devant Nvidia qui a reculé à 4 800 milliards après une séance difficile. Le fabricant de l'iPhone avait cédé sa première place en avril 2025 ; Nvidia avait ensuite consolidé son avance, notamment après avoir dépassé Microsoft en juin 2025, selon Reuters. Le titre au sommet de la cote mondiale a donc changé de mains à deux reprises en un peu plus d'un an, chaque transfert reflétant un état d'esprit différent des marchés.
La journée du 17 juillet résume l'écart qui s'est creusé entre les deux géants sur l'année en cours : Apple gagnait 0,4% pendant que Nvidia lâchait 3,7%. Sur l'ensemble de 2026, la divergence est encore plus nette, Apple affichant une progression de +22% contre +7% pour Nvidia, selon CNBC. Ces chiffres annuels donnent une mesure de la profondeur du mouvement : il ne s'agit pas d'un simple accident de séance, mais d'une tendance qui s'est construite sur plusieurs mois. Le cours de Nvidia affiché en cours de journée le 17 juillet, à 204,72 dollars sur le Nasdaq, illustre concrètement la pression vendeuse qui pesait sur le titre ce jour-là, avec une capitalisation ressortant à 4,82 billions de dollars selon les données de marché disponibles.
Une rotation qui pénalise les paris sur l'IA
Derrière ce changement de tête, un mouvement de fond traverse le secteur technologique américain. Les investisseurs allègent leurs positions sur les valeurs les plus directement exposées à la vague d'intelligence artificielle, au profit d'entreprises au profil plus établi et aux flux de trésorerie plus prévisibles. Nvidia, dont la valorisation a été portée par la demande en puces pour centres de données IA, se retrouve en première ligne de cette réallocation. La trajectoire du titre depuis fin 2023 reste spectaculaire : au 29 décembre 2023, l'action s'échangeait à 49,52 dollars, ce qui signifie que même après la correction du 17 juillet, le chemin parcouru sur cinq ans reste considérable. Mais les marchés, par nature, regardent devant eux et c'est précisément la question de la rentabilité future de l'IA qui semble aujourd'hui faire hésiter les acheteurs.
Apple, à l'inverse, bénéficie de ce repositionnement. Son modèle, centré sur un écosystème matériel et logiciel verrouillé avec des centaines de millions d'utilisateurs actifs, rassure dans un contexte où les promesses de rentabilité de l'IA restent encore à concrétiser à grande échelle. La stabilité relative du titre le 17 juillet, avec un gain de 0,4% alors que l'ensemble du secteur technologique subissait des pressions, illustre cet attrait défensif que les investisseurs lui reconnaissent en ce moment. La couronne symbolique que Nvidia portait depuis plus d'un an illustre à quel point la thèse IA avait dominé les marchés : son retrait, même temporaire, signale que cette thèse entre dans une phase de réévaluation.
La question qui se pose désormais est celle de la durabilité de ce retournement. Nvidia avait su reprendre l'avantage après qu'Apple l'eut perdu en avril 2025 et rien n'exclut un nouveau renversement si la demande en infrastructure IA venait à surprendre à la hausse. Pour l'heure, c'est bien Apple qui trône à nouveau au sommet de la cote mondiale, portée par une performance annuelle qui dépasse de loin celle de son rival le plus direct sur ce terrain symbolique.









