Points clés
- Bank of America dépense plus de 250 millions de dollars par an en médicaments GLP-1 pour ses employés
- Ce poste représente 13% d'un budget santé total de plus de 2 milliards de dollars pour 211 000 salariés
- La dépense est passée de zéro à ce niveau en quatre à cinq ans
- 36% des employeurs américains couvraient les GLP-1 pour le diabète et la perte de poids en 2026
- Brian Moynihan revendique la couverture comme un investissement tout en affirmant négocier les prix
De zéro à 13% en moins de cinq ans
Bank of America n'avait aucune dépense en médicaments GLP-1 il y a quatre à cinq ans. Aujourd'hui, la banque y consacre plus de 250 millions de dollars par an, selon des déclarations de son directeur général Brian Moynihan rapportées par CNBC. Ce poste représente désormais 13% d'un budget santé total qui dépasse lui-même les 2 milliards de dollars annuels pour ses 211 000 employés.
La montée en charge est brutale. Ces traitements, initialement développés contre le diabète de type 2 et désormais largement prescrits pour la perte de poids, ont capté en quelques années une part significative des dépenses de santé d'entreprise aux États-Unis. Pour mettre ce chiffre en perspective : sur un budget santé global de plus de 2 milliards de dollars, un seul poste thérapeutique, absent il y a encore quatre ou cinq ans, absorbe aujourd'hui plus d'un huitième de l'enveloppe totale. La vitesse de cette progression n'a pas d'équivalent récent dans les postes de dépenses de santé des grands employeurs américains.
Bank of America n'est pas un cas isolé. Selon la même source, 36% des employeurs américains couvraient les GLP-1 à la fois pour le diabète et la perte de poids en 2026, contre une poignée il y a encore peu. Ce chiffre illustre un mouvement de fond : les grandes entreprises américaines ont progressivement intégré ces traitements dans leurs régimes de couverture, d'abord pour les patients diabétiques, puis en élargissant la prise en charge aux indications liées au poids. La décision de couvrir ou non ces médicaments est devenue l'un des arbitrages budgétaires les plus structurants pour les directions des ressources humaines et les responsables des avantages sociaux aux États-Unis.
Moynihan assume et négocie
Brian Moynihan présente la facture comme un investissement, pas comme un coût subi. Il cite notamment la réduction attendue des problèmes cardiaques parmi les bénéfices à terme, un argument classique dans la logique de prévention qui sous-tend la couverture de ces traitements par les employeurs. Le raisonnement est direct : si ces médicaments réduisent les complications cardiovasculaires à long terme, les dépenses évitées sur d'autres postes de santé peuvent compenser, au moins partiellement, la charge immédiate que représentent ces 250 millions de dollars annuels.
Cette posture assumée ne signifie pas pour autant que la banque accepte les prix sans résistance. Sur ce point, le ton de Moynihan est moins conciliant. « Croyez-moi, on met la pression à tout le monde sur les prix », a-t-il déclaré, visant explicitement les laboratoires pharmaceutiques et les intermédiaires qui gèrent les remboursements, les pharmacy benefit managers dans la terminologie américaine. Ces intermédiaires jouent un rôle central dans la fixation des prix nets que paient effectivement les employeurs et leur opacité est régulièrement critiquée dans le débat américain sur le coût des médicaments.
Cette pression reste pour l'instant rhétorique dans les chiffres communiqués : à plus de 250 millions de dollars annuels, la dépense pèse lourd dans les comptes et aucun chiffre de réduction tarifaire obtenue n'a été communiqué. La déclaration de Moynihan signale néanmoins que les grands employeurs, qui constituent une force d'achat collective considérable, entendent peser dans les négociations sur les prix de ces traitements.
La trajectoire de ces dépenses dépendra en grande partie de l'évolution des prix de liste et des négociations avec les fabricants, dans un contexte où la demande des employeurs américains continue de croître. Avec 36% des employeurs déjà engagés sur la couverture GLP-1 en 2026, la pression sur les prix ne peut que s'intensifier à mesure que le nombre d'acheteurs institutionnels augmente.







