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Bank of America sonne l'alarme : son indicateur de sentiment atteint 9,7, au plus haut depuis 2021 et conseille de fuir les actifs risqués

Bank of America sonne l'alarme : son indicateur de sentiment atteint 9,7, au plus haut depuis 2021 et conseille de fuir les actifs risqués

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Points clés

Un indicateur au bord du plafond

Le Bull & Bear Indicator de Bank of America a grimpé de 9,4 à 9,7 lors de sa dernière publication, selon les données relayées par CNBC. Sur une échelle de 0 à 10, ce niveau n'avait pas été atteint depuis 2021. La banque considère toute lecture au-dessus de 8 comme un signal de vente : à 9,7, le curseur frôle le plafond de la jauge.

La logique est celle du contrarian classique : quand l'optimisme des investisseurs institutionnels atteint un niveau extrême, le potentiel de hausse supplémentaire s'épuise et le risque de retournement s'accroît. La progression de 9,4 à 9,7 en une seule publication illustre à quel point le mouvement est rapide et concentré. Bank of America tire donc la sonnette d'alarme et conseille de réduire l'exposition aux actifs risqués au profit de valeurs défensives : biens de consommation courante, foncières cotées, biotechs et dollar.

Ce type de signal ne prédit pas un effondrement immédiat, mais il signale que le marché a intégré une très grande part d'optimisme dans les prix. Lorsque presque tous les acteurs sont déjà positionnés à la hausse, il ne reste plus grand monde pour acheter et alimenter la progression. La moindre déception, qu'elle soit macroéconomique ou microéconomique, peut alors suffire à déclencher des prises de bénéfices en chaîne.

La trésorerie des gérants, un second signal d'alerte

L'enquête mensuelle de Bank of America auprès de 181 gérants institutionnels, couvrant 484 milliards de dollars d'actifs sous gestion, livre un second signal tout aussi préoccupant. La part de trésorerie dans les portefeuilles est tombée à 3,6% en juillet 2026, contre 4,1% en juin. C'est un plancher historique, qualifié d'"uber-low" dans les données compilées par la banque.

La règle interne de la banque, dite Trésorerie Rule, déclenche automatiquement un signal de vente lorsque cette part descend à 4,0% ou en dessous. À 3,6%, le seuil est largement enfoncé. En clair : les gérants sont massivement investis, leur marge de manœuvre pour acheter davantage est quasi nulle et la moindre déception peut provoquer des dégagements en cascade. La chute de 4,1% à 3,6% entre juin et juillet 2026 représente un mouvement significatif sur une seule période mensuelle, ce qui témoigne d'une accélération du déploiement des liquidités vers les marchés.

Cette dynamique est précisément ce que la trésorerie Rule cherche à détecter : non pas un niveau de trésorerie bas en soi, mais la combinaison d'un niveau bas et d'un sentiment euphorique. Quand les gérants ont déjà consacré l'essentiel de leurs liquidités disponibles à des achats d'actifs, ils n'ont plus de réserve pour amortir un choc ou saisir de nouvelles opportunités sans vendre autre chose.

Cette combinaison, un sentiment au sommet à 9,7 sur 10 et des liquidités au plancher à 3,6%, constitue pour Bank of America le tableau de bord typique d'un marché en surchauffe. Les deux indicateurs convergent vers le même diagnostic et se renforcent mutuellement. Le message adressé aux investisseurs est sans ambiguïté : le moment de prendre des bénéfices sur les actifs risqués est arrivé et les valeurs défensives, parmi lesquelles les biens de consommation courante, les foncières cotées, les biotechs et le dollar, offrent désormais un refuge plus cohérent avec le niveau de risque ambiant.

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