La CBDC, ligne rouge de l'administration Trump
C'est une fermeture de porte nette. Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a confirmé publiquement qu'aucune monnaie numérique de banque centrale ne serait développée sous l'administration Trump. Sa justification est directe : une CBDC constituerait, selon lui, "la première étape vers la surveillance" des citoyens américains.
La position n'est pas nouvelle dans les cercles républicains, mais la formulation du secrétaire au Trésor lui donne un poids institutionnel inédit. En clair, Washington ne suivra pas la voie de la BCE, qui avance sur l'euro numérique, ni celle de la Chine avec son yuan digital. L'objectif affiché reste ailleurs : faire des États-Unis le centre mondial des actifs numériques, en misant sur le secteur privé plutôt que sur une infrastructure d'État.
Clarity Act : bipartisan sur le papier, bloqué dans les faits
Bessent a également pressé le Congrès de finaliser le Clarity Act, le texte destiné à poser un cadre réglementaire complet pour le secteur crypto. Il cite en modèle le GENIUS Act sur les stablecoins, voté avec un soutien bipartisan, et estime que le Clarity Act peut suivre la même trajectoire.
La réalité parlementaire est plus compliquée. Jaret Seiberg, directeur chez TD Cowen, identifie un blocage côté démocrate : pour rallier suffisamment de voix, le texte devra intégrer des clauses anti-conflits d'intérêts visant explicitement le président américain. La question des liens entre Donald Trump, ses projets crypto personnels et la législation en cours empoisonne les négociations.
Le calendrier reste donc incertain. Le soutien affiché du Trésor donne un signal fort aux marchés et aux acteurs du secteur, mais la mécanique législative dépend d'un compromis politique que les deux camps n'ont pas encore trouvé. Un Clarity Act sans voix démocrates serait à coup sûr fragilisé dès son adoption.










