Ce que Lecornu a mis sur la table
Jeudi, Sébastien Lecornu a présenté à ses ministres les grandes lignes du budget 2027. Sans mesure correctrice, le déficit public filerait vers 6,5% du PIB. La cible affichée : revenir aussi près que possible de 5%, en excluant les dépenses de défense de l'équation.
Le chiffre de 54 milliards d'euros qui circule mérite d'être cadré. Il ne s'agit pas d'une baisse nette des dépenses, mais d'économies « par rapport à la tendance », c'est-à-dire l'écart entre la trajectoire spontanée des finances publiques et la cible retenue. La nuance est de taille.
Les prestations sociales dans le viseur
Côté mesures concrètes, Les Échos détaille plusieurs pistes sur les prestations. Le gel du barème des APL est acté pour l'an prochain. Celui de la prime d'activité est à l'étude. La désindexation des allocations familiales ou la révision de leurs seuils de revenus figurent également dans les scénarios envisagés.
Sur les retraites, l'effort annoncé atteint 6 milliards d'euros. Il passerait par une désindexation ciblée des pensions les plus élevées et par une réduction de l'abattement fiscal de 10%. Le RSA et le minimum vieillesse, eux, resteraient indexés sur l'inflation.
Le poids de la dette dans l'équation
Derrière ces arbitrages, la contrainte obligataire est réelle. L'OAT à 10 ans s'établit à 4,53%, avec un écart record par rapport au Bund allemand. Chaque point de déficit supplémentaire se traduit mécaniquement par une charge d'intérêts plus lourde, ce qui réduit d'autant la marge de manœuvre budgétaire pour les années suivantes.
Le marché de prédiction donne 41% de probabilité à l'adoption d'un budget national d'ici le 31 décembre, signe que les incertitudes politiques restent entières sur le calendrier parlementaire.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
Un budget d'austérité peut peser sur la croissance française et alimenter des tensions sur les taux souverains. Selon nos modèles de corrélation historique, une pression inflationniste persistante repousse l'horizon des baisses de taux de la BCE, ce qui pèse généralement sur le Bitcoin et les actions tout en renforçant le dollar ; un assainissement budgétaire crédible joue dans l'autre sens. L'or reagit surtout aux taux réels : si les taux nominaux montent plus vite que l'inflation, les taux réels progressent et peuvent faire reculer le métal.










