Un recul réel, mais géographiquement concentré
La part du dollar dans les réserves de change officielles mondiales est tombée à 57%, son niveau le plus bas depuis trente ans, en recul de 20 points depuis 1999. Les données COFER du FMI confirment cette trajectoire : la part s'établissait encore à 58,4% fin 2024, contre environ 71% à la fin des années 1990. Le graphique joint au tweet, issu de ces mêmes données, montre également que les quatre grandes devises de réserve (dollar, euro, yen, livre sterling) ont collectivement reculé, au profit de monnaies dites « non-Big 4 ».
Mais la nuance est décisive. Entre 2015 et 2023, autant de banques centrales ont augmenté leurs réserves en dollars qu'elles ne les ont réduites. La majorité des portefeuilles souverains est restée stable. Selon une analyse de la BRI, la diversification observée sur cette période est majoritairement le fait d'économies exposées aux sanctions occidentales, au premier rang desquelles la Chine et la Russie. Ce n'est pas un mouvement de fond universel : c'est une réponse géopolitique ciblée.
Pas d'effondrement, une érosion lente faute de remplaçant
Le dollar ne s'effondre pas. Il s'érode, lentement, sans qu'aucune devise ne soit en mesure de prendre le relais. Le yuan reste non librement convertible, ce qui l'exclut structurellement du rôle de monnaie de réserve dominante. L'or, lui, est une réserve de valeur reconnue, mais pas un instrument de règlement des échanges commerciaux internationaux. Le marché ne parie pas sur une bascule rapide.
C'est précisément ce que révèle la demande structurelle sur l'or : les économies qui diversifient leurs réserves hors dollar, sous contrainte de sanctions, achètent de l'or faute d'alternative liquide et convertible. Ce flux soutient la thèse d'un débasement progressif du dollar, sans pour autant signaler une rupture du système monétaire international.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
Une dé-dollarisation perçue comme structurelle oriente les flux vers les valeurs refuges, l'or en bénéficiant directement via les achats souverains, tandis que le DXY subit une pression inverse mais contenue. Nos modèles de corrélation historique montrent que Bitcoin et les actions réagissent comme des actifs risqués dans ce contexte : ils ne décrochent qu'après plusieurs semaines de stress soutenu, pas sur un signal macro isolé. La nuance essentielle : lors d'une crise prolongée, l'or peut lui-même reculer sous l'effet de ventes forcées, ce qui invalide le réflexe automatique sur les chocs courts.









