Un discours officiel déconnecté du ressenti populaire
Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national de la Maison-Blanche, a qualifié l'économie américaine d'"incroyable" et d'"amazing", balayant les sondages défavorables. Son argument central : une hausse des revenus réels d'environ 3 000 dollars par famille depuis l'entrée en fonction de l'administration Trump et une inflation qu'il juge "en forte baisse" par rapport aux pics précédents. Pourtant, 77% des Américains estiment que l'économie va mal, selon le sondage cité dans sa propre intervention.
Ce fossé entre discours institutionnel et perception populaire n'est pas anodin. Trois indicateurs concrets alimentent le mécontentement : une inflation toujours à 3,5%, un prix de l'essence qui dépasse 4 dollars le gallon et une croissance du PIB limitée à 1,8% sur le premier semestre 2026. Ces chiffres ne sont pas catastrophiques sur le papier, mais ils s'accumulent dans le budget des ménages à revenus moyens, là où la hausse nominale des salaires ne compense pas toujours la pression sur les dépenses courantes.
Des projections optimistes face à des marchés prudents
Hassett a annoncé tabler sur une croissance de 4% du PIB au second semestre 2026, un objectif ambitieux au regard des 1,8% enregistrés sur les six premiers mois de l'année. Cette déclaration est consultable dans les échanges médiatiques récents de l'administration.
Les marchés de prédiction, eux, restent nettement plus réservés. La probabilité d'une récession américaine d'ici fin 2026 est cotée à 11% selon ces marchés au moment du tweet, celle d'une croissance inférieure à 0,5% à 8% et celle d'une croissance négative à 5%. Ces cotes ne signalent pas une catastrophe imminente, mais elles traduisent une incertitude réelle que le discours officiel tend à minimiser. L'écart entre la projection à 4% de Hassett et les 1,8% du premier semestre reste, à ce stade, entier.
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Une inflation qui se maintient à 3,5% repousse l'horizon des baisses de taux de la Fed : selon nos modèles de corrélation historique, ce type de configuration pèse généralement sur le Bitcoin et les actions et renforce le dollar. Les obligations indexées sur l'inflation, comme le TIP (iShares TIPS), réagissent différemment : si les taux réels, c'est-à-dire les taux corrigés de l'inflation, remontent sous l'effet d'un chiffre d'inflation plus chaud que prévu, même les TIPS peuvent reculer. Une désinflation franche jouerait dans l'autre sens. Aucun de ces mécanismes ne constitue un conseil d'achat ou de vente.








