Un classement qui fait mal
Les chiffres sont nets. Selon un comparatif publié par Rand Group portant sur un revenu brut de 100 000 dollars, un salarié en France repart avec environ 52 000 dollars en poche. La Suisse offre 78 000 dollars de reste à vivre, Singapour grimpe à 88 000 dollars. L'écart entre Paris et la cité-État atteint 36 000 dollars, soit plus d'un tiers du salaire brut initial.
La France termine avant-dernière de ce classement. Pas dernière, donc, mais la nuance est mince quand on mesure l'ampleur du décrochage avec les juridictions concurrentes. Ce n'est pas un hasard si Singapour revient régulièrement dans les discussions sur l'expatriation fiscale des hauts revenus et des entrepreneurs crypto.
Ce que révèle vraiment cet écart
Derrière ces chiffres, c'est le poids combiné des cotisations sociales, de l'impôt sur le revenu et des prélèvements obligatoires divers qui s'exprime. La France finance un modèle social étendu, c'est un choix politique assumé. Mais le coût est lisible : près de 48 % du revenu brut part en prélèvements à ce niveau de salaire.
Côté crypto, la question est directement opérationnelle. Les plus-values sur actifs numériques sont taxées à 30 % en France via la flat tax, mais c'est le cumul avec la pression sur les revenus du travail qui pousse certains profils à arbitrer leur résidence fiscale. Singapour ne taxe pas les plus-values. La Suisse applique des règles cantonales souvent favorables aux détenteurs d'actifs.
L'argument selon lequel la fiscalité française ne pénalise que les très hauts revenus mérite d'être confronté à ce type de comparatif. À 100 000 dollars, on parle d'un profil cadre supérieur ou entrepreneur, pas d'un ultra-riche. Et l'écart de 36 000 dollars avec Singapour représente, en clair, une année de salaire médian français perdue chaque année.







