Dimon : les taux sont déjà au bon niveau, les obligations longues n'ont plus grand-chose à offrir
C'est une prise de position personnelle, exprimée sans détour dans The Master Investor Podcast avec Wilfred Frost les 20 et 21 juillet 2026 : Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, ne serait pas acheteur d'obligations d'État américaines à long terme dans le contexte actuel. Son raisonnement tient en deux lignes : le rendement du 10 ans devrait se situer entre 4% et 4,5% et le taux court entre 3,25% et 3,5%, même si l'inflation revenait à l'objectif de 2% de la Fed. Or les taux sont déjà proches de ces niveaux. Le potentiel de hausse des prix obligataires est donc limité.
Dimon cite deux facteurs structurels pour justifier cette prudence : les déficits budgétaires persistants et une dette nationale américaine qui avoisine les 39 000 milliards de dollars, selon Fortune. Dans ce contexte, acheter du long terme revient à parier sur une détente significative des taux, un scénario que le PDG de JPMorgan juge peu probable à court terme.
Une inflation au-dessus de 3% depuis cinq ans : le vrai plafond de verre
Derrière la prudence de Dimon sur les obligations longues, il y a un constat macroéconomique simple. L'inflation américaine dépasse 3% depuis près de cinq ans. Tant que ce niveau persiste, la Fed dispose d'une marge de manœuvre réduite pour abaisser ses taux de façon agressive. Et sans baisse marquée des taux directeurs, les prix des obligations à longue échéance ne peuvent pas monter franchement.
Le marché de prédiction donne une cote de 58% à une hausse de taux de la Fed en 2026, ce qui illustre l'incertitude qui pèse sur la trajectoire monétaire américaine. Dans ce contexte, les obligations longues cumulent deux risques : un rendement réel faible si l'inflation reste élevée et une sensibilité maximale à toute remontée des taux.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
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Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Selon nos modèles de corrélation historique, ce qui fait bouger les prix n'est pas la décision de la Fed en elle-même, mais l'écart entre cette décision et ce que le marché anticipait déjà. Une baisse de taux déjà intégrée dans les cours n'a quasiment aucun effet. Côté obligations, si les taux restent proches des niveaux cibles de Dimon, les ETF exposés aux bons du Trésor à moyen et long terme comme l'IEF (7-10 ans) et le TLTon (20 ans et plus) ont peu de catalyseur haussier. Le TIP, indexé sur l'inflation, dépend lui de l'évolution réelle des prix. Quant à JPMorgan, une stabilisation des taux longs soutient en général les marges bancaires, mais une surprise à la hausse pèserait sur la valorisation de son portefeuille obligataire.












