Un retrait sans précédent sur la réserve stratégique
La Strategic Petroleum Reserve (SPR) américaine vient d'enregistrer son plus gros retrait hebdomadaire jamais mesuré : 8,6 millions de barils en une seule semaine, selon des données relayées par Zerohedge. Le stock total tombe à 384 millions de barils, soit le niveau le plus faible depuis octobre 2024.
La chute est brutale. Sur la période récente, la réserve a fondu de 31 millions de barils. Ce chiffre prend tout son sens rapporté à l'effort de reconstitution engagé entre juillet 2023 et mars 2026 : près de la moitié des barils accumulés durant ces trente-deux mois vient d'être effacée. Un retour en arrière rapide, qui interroge sur la capacité des États-Unis à maintenir un coussin stratégique crédible en cas de choc d'approvisionnement.
Trump satisfait, les chiffres racontent une autre histoire
Donald Trump s'est félicité publiquement que le marché boursier ait atteint un nouveau record historique et que le pétrole n'ait "que très peu augmenté" malgré les tensions avec l'Iran. Il admettait pourtant s'attendre à une hausse plus marquée du baril.
La stabilité des prix cache une réalité opérationnelle moins flatteuse. Les exportations américaines de pétrole ont bondi de 742 000 barils en une semaine, pour atteindre 5,5 millions de barils par jour : le deuxième plus haut niveau enregistré depuis trois ans. Le record absolu, fixé à 6,5 millions de barils par jour, datait de deux semaines plus tôt.
En clair, les États-Unis exportent massivement tout en puisant dans leurs réserves stratégiques. Ce double mouvement maintient les prix bas à court terme, mais il réduit la marge de manoeuvre en cas de crise géopolitique prolongée. La question de la soutenabilité de cette stratégie se posera d'autant plus vite que la SPR approche de niveaux qui avaient déjà suscité des inquiétudes en 2024.













