Un basculement historique dans le mix électrique américain
Mai 2026 restera une date charnière pour l'énergie américaine. Pour la première fois sur un mois complet, le solaire a produit plus d'électricité que le charbon aux États-Unis : 12,8% du mix contre 12,2%. Ce n'est pas un accident statistique. Sur douze mois glissants, la production solaire progresse de 17% quand celle du charbon recule de 11%. La tendance est structurelle, et elle s'accélère.
Derrière ce renversement, un moteur inattendu : l'intelligence artificielle. La demande explosive des centres de données pousse les opérateurs et les investisseurs à déployer de nouvelles capacités de production en urgence. Le solaire, dont les délais de construction restent bien inférieurs à ceux du gaz ou du nucléaire, capte une part croissante de ces investissements. En clair, la course aux GPU alimente aussi la course aux panneaux photovoltaïques.
Le mix français, un contre-modèle assumé
La comparaison avec la France est saisissante. Le nucléaire y représente 68,1% de la production électrique, loin devant l'hydraulique (11,4%), l'éolien (9,1%), le solaire (6,0%), le thermique fossile, majoritairement gazier (3,0%), et les autres renouvelables et déchets (2,0%). Le charbon, lui, a quasiment disparu du mix hexagonal.
Ce modèle français, souvent critiqué pour sa dépendance à une technologie centralisée et vieillissante, affiche pourtant une empreinte carbone parmi les plus basses d'Europe. La question n'est pas de savoir lequel des deux modèles est supérieur : ils répondent à des contraintes géographiques, industrielles et politiques radicalement différentes. Ce qui est certain, c'est que le basculement américain vers le solaire, s'il se confirme dans la durée, redessine les équilibres énergétiques mondiaux à une vitesse que peu d'analystes anticipaient.










