10 000 milliards de dollars : la projection de Bernstein
Bernstein a publié une projection qui donne le vertige aux acteurs du secteur. La banque anticipe un volume annuel de 10 000 milliards de dollars sur les marchés de prédiction à l'horizon 2035, contre 410 milliards prévus pour 2026. Le taux de croissance moyen retenu est de 70% par an. Ce n'est plus une niche spéculative réservée aux parieurs sportifs : selon Bernstein, la finance deviendra le premier moteur de ces plateformes, représentant plus de la moitié des volumes d'ici dix ans.
Derrière cette projection, deux innovations structurelles. D'abord, les KPI markets : des contrats permettant de parier non pas sur le cours d'une action, mais sur un indicateur opérationnel d'entreprise, qu'il s'agisse de volumes de production, de livraisons ou de croissance du nombre d'abonnés. Ensuite, l'extension des contrats perpétuels, déjà courants sur les plateformes crypto, aux matières premières et aux actions individuelles. Ces deux formats élargissent considérablement l'audience potentielle au-delà des communautés crypto et des amateurs de pronostics.
Ce que montrent déjà Kalshi et Polymarket
Le basculement vers la finance ne relève pas encore de la projection pure. Sur Kalshi, la part de la crypto dans les volumes totaux est passée de moins de 5% en janvier 2026 à environ 20% en août 2026. Un quadruplement en huit mois qui illustre la vitesse à laquelle la composition des volumes peut évoluer.
Sur Polymarket, la dynamique est différente mais tout aussi révélatrice. Le sport représente 52% des volumes en 2026, contre 39% en 2025 : la catégorie regagne du terrain. La politique, elle, recule de 32% à 22% sur la même période, signe que l'effet d'entraînement des grandes échéances électorales de 2024-2025 s'estompe. Le graphique de volume mensuel publié par Artemis, couvrant octobre 2025 à septembre 2026, illustre la montée en puissance simultanée de plusieurs plateformes : Kalshi, Polymarket, mais aussi ForecastEx, Limitless, Myriad ou encore Nadex.
Si la trajectoire décrite par Bernstein se confirme, les marchés de prédiction financiers pourraient concurrencer directement certains segments des marchés dérivés traditionnels, avec une accessibilité et une granularité que ces derniers n'offrent pas.











