Un rachat bouclé bien avant l'échéance prévue
Mastercard a officialisé le 3 août 2026 la finalisation de son acquisition de BVNK, la plateforme londonienne d'infrastructure stablecoin fondée en 2021. L'accord avait été annoncé le 17 mars, avec une clôture initialement attendue d'ici fin 2026 sous réserve des approbations réglementaires. La transaction a donc abouti plusieurs mois avant l'échéance prévue.
Selon le communiqué aux investisseurs de Mastercard, la valeur totale de l'opération peut atteindre 1,8 milliard de dollars : 1,5 milliard fixe, auxquels s'ajoutent jusqu'à 300 millions conditionnels à des objectifs de performance. Le montant définitivement versé n'a pas été communiqué à ce stade. BVNK avait levé au moins 90 millions de dollars avant cette opération, dont 40 millions en série A en 2022 et 50 millions en série B en décembre 2024.
Ce que Mastercard achète réellement
BVNK n'est pas une néobanque ni un wallet grand public. La société fournit une couche d'infrastructure qui permet aux entreprises d'envoyer et de recevoir des paiements en stablecoins sur les principales blockchains, dans plus de 130 pays. Banques, fintechs et grandes entreprises sont les cibles directes : paiements interentreprises, règlement, gestion de trésorerie.
Jorn Lambert, directeur produit de Mastercard, formule l'enjeu sans détour : le prochain paradigme des paiements se jouera sur la capacité à connecter monnaie fiat, stablecoins et dépôts tokenisés entre eux. BVNK est précisément ce pont. BVNK a indiqué que ses clients et ses opérations actuelles ne seront pas affectés par le changement de propriétaire.
Une stratégie stablecoin qui prend forme depuis plusieurs mois
Ce rachat s'inscrit dans une séquence cohérente. En juin 2026, Mastercard avait étendu ses capacités de règlement en stablecoins régulés, dont l'USDC, le PYUSD et le RLUSD, à l'ensemble de son réseau mondial de paiement. L'intégration de BVNK donne désormais à Mastercard une infrastructure propriétaire pour aller plus loin : non plus seulement accepter des stablecoins sur son réseau existant, mais proposer aux acteurs financiers les outils pour construire leurs propres usages on-chain.
Avec 1,8 milliard de dollars engagés sur une société de cinq ans à peine, Mastercard place un signal clair sur la trajectoire des paiements institutionnels : les stablecoins ne sont plus un cas d'usage expérimental, ils deviennent une infrastructure de règlement à part entière.











