Une économie indienne prise en étau
Le conflit opposant les États-Unis et Israël à l'Iran produit des effets en cascade bien au-delà du Moyen-Orient. Pour l'Inde, la perturbation du détroit d'Ormuz représente une menace directe sur ses approvisionnements en énergie, en huiles et en engrais. Résultat : les réserves de change s'érodent, la roupie chute et le gouvernement Modi se retrouve dos au mur.
Depuis Hyderabad, le Premier ministre a formulé 7 appels à la nation pour tenter de contenir l'hémorragie. Le message est clair : réduire toute sortie de devises, qu'elle soit liée aux importations d'or, de carburant, d'huile de cuisson ou de produits manufacturés étrangers. Modi pousse également le télétravail pour limiter la consommation de carburant et appelle à un retour à l'agriculture naturelle.
L'or en ligne de mire, les marchés en alerte
L'appel à cesser d'acheter de l'or pendant un an est le signal le plus fort. L'Inde est l'un des premiers marchés mondiaux de l'or physique : toute compression de cette demande aurait un impact structurel sur les flux de capitaux. C'est un levier classique en période de crise de balance des paiements, mais rarement assumé aussi frontalement par un chef de gouvernement.
Les marchés n'ont pas attendu pour réagir. Le Nifty 50 a perdu plus de 2,5 % immédiatement après ces annonces. Un recul qui traduit moins la panique qu'une réévaluation brutale du risque macroéconomique indien à court terme.
La question qui se pose désormais : ces mesures d'austérité douce suffiront-elles à stabiliser la roupie si le détroit d'Ormuz reste sous tension prolongée ? Les fondamentaux plaident pour une pression durable sur les importations énergétiques indiennes et aucun des 7 appels de Modi ne règle ce problème à la source.










