Un producteur, quatre développeurs : le marché tranche
Cameco livre de l'uranium sous contrat dès cette année. Oklo, NuScale et Nano Nuclear proposent des réacteurs modulaires dont les premières unités sont attendues dans les années 2030. Cette différence de calendrier se lit directement dans les performances boursières : du 31 décembre 2025 au 25 août 2026, dividendes inclus, Cameco (CCJ) progresse de 16,9% quand ses trois concurrents perdent 38,3%, 30,8% et 19,9% respectivement, soit une moyenne de -29,6%, selon les données Yahoo Finance compilées par Alea.
Un cinquième actif apparaît dans le graphique source : LEU, qui recule de 20,3% sur la même période, dans la même logique de décrochage.
Le présent prime sur la promesse
La divergence n'est pas anecdotique. Elle illustre un arbitrage que les investisseurs opèrent de façon de plus en plus nette entre les acteurs du nucléaire : d'un côté, une entreprise dont le modèle repose sur l'extraction et la vente d'un produit physique avec des contrats en cours ; de l'autre, des sociétés dont la valeur repose entièrement sur des projets à horizon 2030 ou au-delà.
Oklo et NuScale développent des petits réacteurs modulaires (SMR). Nano Nuclear travaille sur des micro-réacteurs portables. Ces technologies suscitent un intérêt réel, notamment côté demande en énergie pour les centres de données et l'intelligence artificielle. Mais l'intérêt ne suffit pas à compenser l'absence de revenus immédiats dans un environnement de taux encore élevés, où le marché pénalise les flux de trésorerie lointains.
Cameco, elle, encaisse. C'est la différence que les chiffres du 25 août rendent visible.














