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Ray Dalio avertit que la technologie crée des bulles et que nous y serions deja

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Points clés

La technologie n'a jamais protégé les investisseurs des krachs

Ray Dalio pose une distinction que les marchés ont tendance à oublier en période d'euphorie : la valeur d'une technologie et la valeur d'un investissement dans cette technologie sont deux choses séparées. Cette séparation, aussi évidente qu'elle paraisse formulée ainsi, est précisément celle que les investisseurs effacent à chaque grande vague d'innovation.

Les chemins de fer ont transformé l'économie mondiale au XIXe siècle. La révolution industrielle a redéfini la production à une échelle sans précédent. Les années 1920 ont vu émerger l'automobile, la radio et l'électricité de masse. Dans chaque cas, l'innovation était réelle, tangible et ses effets sur l'économie étaient profonds et durables. Dans chaque cas pourtant, une bulle s'est formée autour de cette innovation, puis a éclaté, laissant derrière elle des ruines financières pour ceux qui avaient cru que la qualité de la technologie garantissait la qualité de l'investissement.

Le mécanisme est toujours le même. L'enthousiasme légitime pour une rupture technologique pousse les prix bien au-delà de ce que les fondamentaux justifient. Les investisseurs achètent à crédit, convaincus que la trajectoire haussière absorbe le coût du levier. Les valorisations décollent, alimentées par la conviction collective que cette fois le changement est si profond qu'il justifie n'importe quel prix d'entrée. La correction finit par arriver, non pas parce que la technologie était fausse ou que les entreprises concernées étaient des arnaques, mais parce que le prix payé ne laissait aucune marge d'erreur. C'est précisément ce que Dalio illustre avec 1929 : les entreprises qui ont crashé vendaient des produits réels à des clients réels. Elles opéraient dans des secteurs qui allaient effectivement remodeler l'économie pour les décennies suivantes. Elles étaient simplement trop chères, souvent achetées à effet de levier et quand la confiance a vacillé, le levier a amplifié la chute.

"Nous serions dans ce type de bulle"

Dalio ne se contente pas d'un cours d'histoire. Sa conclusion est directe : nous traverserions actuellement ce même cycle. Sans désigner un secteur précis dans le matériau disponible, la logique de son raisonnement pointe vers toute vague d'investissement massif portée par une conviction technologique forte, qu'il s'agisse de l'intelligence artificielle, des actifs numériques ou d'autres secteurs en forte croissance de valorisation. Le schéma qu'il décrit, enthousiasme collectif, déconnexion des prix par rapport aux fondamentaux et recours au crédit pour amplifier les positions, n'est pas propre à une technologie particulière. Il est propre à la psychologie des marchés face à toute rupture perçue comme historique.

Ce cadre d'analyse a une implication concrète pour tout investisseur. La qualité d'une technologie sous-jacente ne constitue pas une thèse d'investissement suffisante. Le prix d'entrée, le niveau d'endettement utilisé pour financer la position et la capacité à tenir une position en cas de correction violente sont des variables au moins aussi déterminantes que la solidité du projet lui-même. Un actif adossé à une technologie réelle peut tout à fait produire des pertes sévères si l'acheteur a payé trop cher ou s'est exposé avec trop de levier.

Dalio ne dit pas que la technologie actuelle est une fraude. Il dit que l'histoire montre, de manière répétée et cohérente, que même les vraies révolutions peuvent produire de vraies ruines pour ceux qui ont acheté au mauvais prix ou avec trop de levier. La lecture de marché associée à ce type d'avertissement est baissière et la distinction que Dalio rappelle mérite d'être gardée en tête à chaque moment où la conviction technologique tend à court-circuiter l'analyse du prix payé.

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