2022, l'annus horribilis de la crypto
Certaines années laissent des cicatrices. 2022 en fait partie. En l'espace de douze mois, le marché des cryptoactifs a encaissé une série de chocs sans précédent : l'effondrement de l'écosystème Terra/Luna au printemps, la faillite retentissante de FTX à l'automne, et entre les deux, la chute de dizaines de plateformes et de fonds qui semblaient solides.
Le Bitcoin a perdu plus de 65 % de sa valeur sur l'année. L'Ethereum a suivi une trajectoire similaire. Des centaines de milliards de dollars de capitalisation se sont évaporés en quelques semaines, entraînant dans leur sillage des épargnants, des fonds institutionnels et des acteurs qui avaient misé sur une croissance sans fin.
Ce que ce flashback dit du présent
Revenir sur 2022, ce n'est pas simplement de la nostalgie morbide. C'est un rappel utile. Les mêmes mécaniques, levier excessif, opacité des bilans, promesses de rendements déconnectées du réel, peuvent resurgir sous d'autres formes.
Les régulateurs européens ont depuis accéléré le déploiement de MiCA, entré en application progressive depuis 2024, précisément pour encadrer les risques systémiques que 2022 a mis à nu. Côté français, l'AMF a durci ses critères d'agrément PSAN dans la foulée de ces crises.
Mais la réglementation ne suffit pas. La mémoire collective du secteur, elle, s'efface vite. Quatre ans après, certains projets aux caractéristiques similaires à ceux qui ont implosé en 2022 retrouvent des valorisations élevées. Le retour de bâton, quand il arrive, ne prévient pas.











